Les FIC donnent le feu vert au Plan solaire régional révisé de l’Afrique du Nord et du Moyen orient

07/05/2013
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Ce Plan visant à produire plus d’un gigawatt d’énergie bénéficie de l’appui conjoint de la BAD et la Banque mondiale

Les Fonds d’investissement climatiques (FIC) ont donné le feu vert, le 3 mai 2013, au plan révisé d’un projet ambitieux et sans précédent : la production, à partir d’énergie solaire concentrée (ESC), de pas moins de 1 120 mégawatts (MW) d’électricité pour la sous-région comprenant l’Algérie, l’Égypte, la Jordanie, la Libye, le Maroc et la Tunisie. Ledit plan se verra octroyer 660 millions de dollars EU via le Fonds pour les technologies propres (FTP) des FIC, et devrait mobiliser, par effet de levier, près de 5 milliards de dollars EU auprès d’autres bailleurs de fonds et investisseurs privés.

Initialement adopté par les FIC en 2009, ce plan a été amendé par chacun des pays concernés, dans la foulée du “Printemps arabe”, afin de refléter les contextes politiques et économiques de la région, et de tirer parti des enseignements tirés du premier projet du plan. En cours d’exécution, celui-ci porte sur la première phase de la centrale solaire de 160 MW de Ouarzazate, au Maroc.

Le plan révisé approuvé ce jour par les instances dirigeantes des FIC prévoit de rajuster les projets restés dans les cartons, en fonction des besoins réévalués de chacun des pays concernés. Il met l’accent sur les projets affichant de bons résultats, en tant que puissant critère de l‘impact positif du plan ; et élargit également les horizons du projet en y intégrant les technologies photovoltaïques solaires concentrées (PSC) et des “business models”, qui embrassent le secteur public, les partenariats public-privé (PPP) et les producteurs d’énergie indépendants. Visant au départ une puissance totale de 895 MW, le plan révisé ambitionne désormais d’atteindre 1,12 GW – ce qui en fait le programme d’énergie solaire concentrée le plus ambitieux au monde. Les pays concernés sont également convenus de demander un volume de financement revu à la baisse, passé de 750 millions de dollars EU à 660 millions de dollars EU – en incluant les projets financés actuellement.

« Les changements que les pays ont suggérés d’apporter rendent le plan plus viable et plus flexible ; car il tient compte les réalités auxquelles chacun d’entre eux doit faire face », a déclaré Mafalda Duarte, coordonnatrice du programme FIC pour la BAD. Et d’ajouter : « Nous pouvons tous voir en ce plan, à la fois un signe d’espoir pour les avancées économiques et sociales de la région, fondées sur les énergies renouvelables, et un modèle plus réaliste d’évolution des énergies renouvelables, comme moteur puissant de l’énergie à l’échelle mondiale. »

Le plan incorpore également un volet d’assistance technique (AT), afin de compléter les efforts déployés au niveau du projet  et de mettre en place une plateforme cruciale pour le partage de connaissances et pour amplifier  l’implication du secteur privé et l’intégration régionale.

Présentant le plan révisé aux instances dirigeantes, Mustapha Bakkoury, président du directoire de l’Agence marocaine pour l’énergie solaire (MASEN), s’est adressé aux CIF : « nous escomptons avec impatience un engagement accru de ce type de financement dans les années à venir, et espérons qu’il confortera le dynamisme du secteur de l’énergie solaire et sa compétitivité vis-à-vis de l’énergie éolienne et des autres sources d’énergie, notamment des carburants fossiles. »

Les dotations budgétaires du Fonds pour les technologies propres (FTP) dans le plan révisé sont ainsi réparties :  

  • Maroc : 218 millions de dollars EU (FTP) pour 300 MW (Ouarzazate II) ;
  • Égypte : 123 millions de dollars EU (FTP) pour 100 MW (Kom Ombo) ;
  • Tunisie : 62 millions de dollars EU (FTP) pour 50 MW (Akarit) – pouvant aller jusque 100 MW ;
  • Jordanie : 50 millions de dollars EU (FTP) pour un maximum de 100 MW, incluant les technologies PSC ;
  • Assistance technique : 10 millions de dollars EU (FTP).

Pour de plus amples informations sur les projets FIC qu’appuie la BAD, veuillez cliquer sur le lien : “Financing Change: the AfDB and CIF for a Climate-Smart Africa