Le Comité des Dix planche sur la crise financière

19/01/2009
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Cape Town, le 16 janvier 2009 – Lors d’une conférence de presse tenue en marge d’une rencontre du Comité des Dix, mis en place récemment par les ministres africains des finances et gouverneurs de banques centrales, le ministre sud-africain des Finances, Trevor Manuel, a mentionné que la crise financière fait déjà payer un lourd tribut aux Etats africains et qu’une action urgente est nécessaire pour éviter une érosion des gains économiques importants réalisés dans l'ensemble du continent africain au cours des dernières années.

"Nous savons combien sont profondes les morsures de la récession économique actuelle, nous avons assisté à l'effondrement des prix, à une énorme volatilité des devises, l'effondrement des cours des actions dans tous les marchés boursiers, la quasi-incapacité de la plupart de nos entreprises d'accéder à du financement commercial ; et à l'aube d'une période où les marchés de capitaux sont effectivement fermés à tous les pays en développement ", a-t-il déclaré à la presse.

Beaucoup de pays d'Afrique ont été témoins d'importantes sorties de capitaux : des investisseurs se retirèrent du continent, les marchés d'exportation, développés grâce à de gros sacrifices, sont soudainement fermés, du fait que la demande des consommateurs dans les pays importateurs diminue et le protectionnisme augmente.

Le besoin d’une augmentation de capital pour minimiser les impacts de la crise sur les états africains nécessite une augmentation substantielle de capital dans la Banque africaine de développement (BAD), a ajouté le ministre. Il en a en effet appelé à une « augmentation significative de capital " pour la BAD,  qui est en Afrique la première institution de financement du développement. Il a déclaré que ce financement accru fournira un appui essentiel à la Banque dans ses efforts pour guider les états africains dans la crise financière mondiale actuelle.

Le président de la BAD, Donald Kaberuka a pour sa part déclaré, lors de cette conférence de presse, que les pays africains ont déjà perdu de 2 à 3 pour cent de leur produit intérieur brut et que la baisse se poursuivra,  pouvant ainsi mettre en danger les récents gains économiques et sociaux  et, dans certains cas, faire le lit de l'instabilité sociale.

M. Kaberuka a demandé instamment une aide internationale plus grande pour les pays africains pour les aider à faire face aux défis créés par la crise. Sans apport de capital d'urgence, a-t-il dit, les pays africains seront confrontés à  une sérieuse inversion des progrès économiques importants réalisés ces dernières années.

Le Comité des 10 a été créé lors d'une réunion des ministres africains des Finances et des gouverneurs des banques centrales à Tunis en novembre 2008, pour aider à guider les Etats africains sur les effets de la crise financière actuelle. Il est composé de cinq ministres et cinq gouverneurs des banques centrales de l'Afrique centrale, orientale, australe, du nord et de l’ouest.

Les fonctions du Comité sont de faire le bilan de l'impact de la crise financière internationale et de recommander les mesures possibles pour les chefs d'Etat africains. Le Comité devra également  faire des propositions de réformes dans la manière dont les institutions multilatérales internationales sont régies, afin d'assurer que l'Afrique ait une plus grande représentation au sein de ces instances.