Réseau d’affaires continental : gestion des risques d’investissement dans les infrastructures publiques

23/05/2016
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La bonne appréhension et la gestion des risques d’investissement dans des projets nationaux et régionaux en Afrique sont essentielles pour le développement et la croissance du continent.

Chaque année, environ 92 milliards de dollars EU sont nécessaires pour financer des projets d’infrastructures publiques en Afrique, selon la responsable des affaires du secteur public de Barclays Bank Africa,  Zienzi Musamirapamwe.

Le secteur privé prévoit que ses capitaux, en particulier ceux d’investisseurs institutionnels, apporteront des financements substantiels pour les projets d’infrastructures.

Musamirapamwe a indiqué qu’il est important que le secteur privé s’implique dans le financement des infrastructures, tant au niveau national que régional, car c’est ainsi que l’Afrique pourra réaliser ses objectifs en matière de croissance.

Elle a tenu ces propos lors de la deuxième réunion du Réseau d’affaires continental (CBN), dans le cadre des Assemblées annuelles 2016 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) qui se déroulent à Lusaka.

Le thème des assemblées de cette année, intitulé « Énergie et changement climatique », s’appuie sur l’un des domaines d’intervention prioritaires, dits « Top 5 », de la Banque africaine de développement, notamment « Éclairer l’Afrique et l’électrifier ».

Il reflète également le « New Deal » pour l’énergie et les principales résolutions qui ont été prises lors des récentes négociations des Nations Unies (ONU) (COP21) sur le réchauffement climatique.

« L’enjeu principal ici est l’existence d’un écart d’investissement… à savoir, les quelques 92 milliards de dollars EU dont nous avons besoin pour combler cet écart. Il est nécessaire d’approfondir la collaboration, non seulement avec le secteur privé, mais aussi avec les institutions de financement du développement (IFD), pour contribuer au financement de ces infrastructures publiques », a-t-elle déclaré.

Selon le rapport du CBN, il est essentiel d’obtenir des financements institutionnels, compte tenu du montant réduit des prêts bancaires à long terme qui sont disponibles pour les projets d’infrastructures.

Le rapport indique également que la mobilisation de capitaux privés passe par un changement de paradigme et son alignement sur des mandats d’investissements institutionnels et des critères d’investissement.

« En travaillant ensemble, le secteur privé et le secteur public doivent créer de manière proactive un écosystème de développement de projets efficace et efficient qui débouche sur une mise à niveau significative de projets d’infrastructures bancables en cours de préparation et dans lesquels il est possible d’investir », indiquait le rapport.

La ministre de la Coopération internationale de l’Égypte, Sahar Nasr, a déclaré que les pays africains rencontrent des difficultés pour combler l’écart des déficits budgétaires.

« En ce qui concerne les infrastructures, il faut reconnaître que la région est confrontée à des difficultés sociales et économiques. Il nous incombe de tenter de réaliser une croissance inclusive et durable. Beaucoup de pays souffrent de déficits budgétaires et tentent donc de discuter de questions de structuration », a indiqué Nasr.

Selon elle, pour attirer les investissements du secteur privé, il est nécessaire de disposer d’infrastructures de soutien adéquates, comme les routes, l’eau et l’assainissement, et l’électricité.

Nasr a ajouté que, pour promouvoir l’essor des investissements du secteur privé, il est nécessaire de disposer d’un environnement des investissements favorable.

Il faut également identifier les risques associés au financement des infrastructures publiques.

Les gouvernements doivent restructurer et rationaliser les processus de développement de projets, optimiser les fonctions de tous les participants et innover en matière de risques – en adoptant de la flexibilité dans l’application des mesures visant à concrétiser l’impact du développement, assurant ainsi un financement abordable à long terme provenant de fonds de retraite, de sociétés d’assurance et de fonds souverains.

L’événement organisé par la BAD rassemble environ 3 000 délégués et participants, et propose 40 événements officiels, en plus de la réunion annuelle du Conseil des gouverneurs de la BAD, qui constitue l’objet central des assemblées.