COP21 : Barack Obama se fait l’écho des ambitions africaines

01/12/2015
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Au moment où toute l’attention est tournée vers Paris pour la très attendue conférence de l’ONU sur le climat (COP21), le président américain Barack Obama a dit être d’accord avec les défenseurs d’un accord pro-pauvres, qui assure un plus grand soutien aux économies en développement pour qu’elles s’adaptent aux impacts du changement climatique.

Accroître l’aide aux pays en développement – dont beaucoup sont africains – pour leur permettre de s’adapter aux aléas du climat et d’impulser des économies à faibles émissions de carbone : de plus en plus nombreux sont ceux à le demander, à l’instar de la Banque africaine de développement (BAD), qui plaide en ce sens depuis des années.

« Nous sommes la première génération à ressentir les effets du changement climatique, et la dernière à pouvoir faire quelque chose pour y remédier », a mis en garde Barack Obama, dans son discours prononcé lundi 30 novembre, au premier jour de la COP21, qui s’est ouverte sur un sommet réunissant 150 chefs d’État et de gouvernements du monde entier. Les attentes vis-à-vis de la COP21 sont grandes, en particulier du point de vue de l’Afrique.

Donnant aux délégations présentes l’espoir d’arriver à un accord juste et légalement contraignant sur le climat, le président Obama a reconnu la contribution historique des États-Unis au problème actuel et a montré qu’ils étaient prêts à en assumer la responsabilité.

« En tant que plus grande économie et deuxième plus grand émetteur au monde, je suis venu ici en personne reconnaître, non seulement notre part de responsabilité dans ce problème, mais aussi notre part de responsabilité d’agir pour y remédier », a déclaré le président Obama.

Une reconnaissance qui toutefois, n’est pas suffisante, selon Sam Ogallah, directeur du programme au sein de l’Alliance panafricaine pour la justice climatique (PACJA) : « Nous avons déjà entendu cela. De grandes déclarations ont déjà été faites, mais elles n’ont porté aucun fruit. Alors nous souhaitons vivement voir d’autres initiatives que celles qui ont été prises dans le passé », a-t-il ajouté.

Dans son dépliant sur la COP21, la BAD met en garde : si le nouvel accord sur le climat ne limite pas le réchauffement à 1,5° C et n’aide pas davantage l’Afrique à s’adapter au changement climatique, les progrès de développement qu’a durement acquis l’Afrique pourraient s’inverser..

La BAD, au premier rang des institutions financières d’Afrique pour ce qui est des initiatives sur le changement climatique, met un accent particulier sur la vulnérabilité au changement climatique du continent, qui souffre déjà des pires effets en la matière. La Banque souligne qu’il est crucial pour l’Afrique qu’un solide accord soit trouvé lors de cette Conférence des Nations unies sur le changement climatique de 2015 (COP21), car le continent est exposé à des risques climatiques graves.

« Le changement climatique est le plus grand défi de notre époque sur le plan du développement. La COP21 offre une occasion unique de relever ce défi », a déclaré M. Akinwumi Adesina, président du Groupe de la Banque africaine de développement. Avant d’ajouter : « La voix de l’Afrique est vitale si l’on veut que la COP21 réussisse. Et la voix de l’Afrique sera entendue ».

Selon la Banque, la survie de sept Africains sur dix dépend de l’agriculture, qui est le secteur économique le plus vulnérable et le plus exposé aux incidences climatiques  – 90 % de l’agriculture africaine dépend de la pluie.

Le taux élevé de pauvreté signifie que des millions de personnes se trouvent déjà en grandes difficultés ; pour elles, des changements climatiques même faibles peuvent avoir des effets dévastateurs.

Or les phénomènes climatiques extrêmes, telles que sécheresse, inondations, stress thermique et cyclones tropicaux, vont devenir plus intenses et plus fréquentes.

Les experts affirment que, dans certains cas, les phénomènes climatiques extrêmes d’aujourd’hui pourraient en fait devenir le climat « normal » de demain.

La montée du niveau de la mer menacera les nombreuses populations du littoral de l’Afrique, tandis que l’agriculture, le tourisme, les villes, les niveaux de l’eau, la santé, l’énergie et les pêcheries en pâtissent déjà, et les problèmes vont s’intensifier.

Le président de la COP21 et ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a qualifié le terrorisme et le changement climatique de plus grands ennemis de ce siècle et a appelé les gouvernements à redoubler d’efforts : « Les enjeux sont trop élevés, et la menace du changement climatique est trop grande pour que nous nous contentions d’un accord minimaliste. Les chefs d’État et de gouvernement qui sont venus à Paris sont venus pour exprimer la voix de l’ambition », a-t-il dit.

S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture, Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la CCNUCC, a déclaré que des millions de gens à travers le monde avaient les yeux tournés vers les représentants de leurs gouvernements à Paris. « Vous avez l’opportunité, et même la responsabilité, de conclure un accord qui permette de réaliser les objectifs nationaux liés au changement climatique, qui offre l’aide nécessaire au monde en développement et qui catalyse l’ambition et l’action toujours croissantes de tous », a-t-elle expliqué aux délégués.

Selon Christiana Figueres, l’année écoulée a marqué un tournant. Après de longues années de dur labeur, le monde entier voit que l’évolution vers un avenir résilient et faible en carbone est irréversible. « Ce tournant est vraiment remarquable, mais la tâche n’est pas finie. C’est à vous à saisir ces progrès accomplis et à tracer une voie sans équivoque vers l’avant, avec une destination claire, des étapes importantes convenues et un calendrier prévisible qui réponde aux exigences de la science et à l’urgence du défi », a-t-elle déclaré.

A la veille de la conférence COP21, 184 pays, représentant environ 95 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, avaient présenté leurs Plans d’action nationaux sur le climat-CPDN à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Les négociations des deux prochaines semaines démontreront si ces objectifs et projections sont réalisables.