L’Eau au cœur de la COP22 et de l’action climatique

10/11/2016
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Grande première dans l’histoire des Conférences des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP), une Journée d’action pour l’Eau a été mise à l’honneur au troisième jour de la COP22 à Marrakech, avec une journée dédiée, le 9 novembre 2016. Nombre d’évènements ont été organisés tout au long de cette Journée de l’Eau, dont un panel de haut niveau, organisé par le pays hôte de ce sommet mondial sur le climat, dans la zone bleue gérée par les Nations unies.

Représentant la Banque africaine de développement (BAD) en sa qualité de directeur chargé de l’Eau et de l’Assainissement, Mohamed El Azizi, était l’un des membres du panel. Madame le ministre délégué chargé de l’Eau du Maroc, Charafat Afailal, les ministres Barmou Salifou, Niouga Ambroise Ouédraogo et Sidick Abdelkerim Haggar en charge des questions de l’Eau respectivement au Niger, au Burkina Faso et au Tchad, ainsi que le directeur général de l’Office marocain de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), Ali Fassi El Fihri, ont également animé les échanges nourris de cette table ronde.

L’eau, citée dans 85 % des CPDN

L’eau est au cœur des nombreux défis que pose le changement climatique – tout autant que des solutions qu’il requiert. En effet, une hausse, même légère, de la température de la terre aura de lourdes conséquences : la variabilité du climat s’en verra accrue et les incidences seront plus nombreuses, plus graves et plus longues, notamment en termes d’épisodes climatiques extrêmes (inondations et sécheresses par exemple). De tels phénomènes entraînent une plus grande pollution des eaux, une plus forte prévalence de la malnutrition, plus de migrations et d’importantes pertes, notamment en termes d’infrastructures et de production agricole. Plus de 85 % des contributions prévues déterminées au niveau national  (CPDN) qu’ont présentées les pays de la planète dans le cadre de l’Accord de Paris citent l’eau comme un élément clé de l’adaptation, note la CCNUCC lors de la COP22.

Lors de leurs interventions, les panélistes ont ainsi abordé tout l’éventail des enjeux et défis spécifiques aux pays africains dans le domaine de l’eau : accès à l’eau potable et aux services d’assainissement, irrigation, agriculture et sécurité alimentaire, enjeux sanitaires, déficit d’infrastructures dans le secteur, ainsi que les perspectives à moyen et long terme dans le contexte du changement climatique.

« L’insécurité de l’eau conduit à des conflits accrus, des tensions entre les populations, et provoque également des migrations qui menacent la stabilité globale », a déclaré la ministre Charafat Afilal.

« L’Afrique est le continent le plus vulnérable aux changements climatiques », a rappelé  Mohamed El Azizi, directeur du Département de l’eau et de l’assainissement de la BAD. Avant d’ajouter : « Il importe, dans le cadre de la finance climatique, de rendre justice à ce continent qui subit les effets des changements climatiques sans pour autant en être le plus responsable. Les pays africains sont préoccupés par l’accès complexe et difficile aux financements climatiques, en particulier pour les pays fragiles ».

De grands projets d’adaptation dans l’eau financés par la BAD au Maroc

La Banque a financé de grands projets d’adaptation aux changements climatiques au Maroc. Figurent entre autres  le projet de transfert d’eau entre les bassins de Rabat et Casablanca  qui a un impact sur le quotidien de 5 millions de personnes ; le projet d’approvisionnement en eau de la région de Marrakech, qui bénéficie à 2 millions de personnes ; ou encore le projet de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable de la région de Tétouan grâce au transfert d’eau à partir des installations du port de Tanger Med vers celles issues du barrage Moulay El Hassan Bel Mehdi. « Je tiens à  féliciter la Banque pour sa grande réactivité, qui a permis de répondre rapidement à nos besoins de financement  pour ce projet, a déclaré le directeur général de l’ONEE Ali Fassi Fihri. [Il] permettra d’assurer la continuité du service de desserte en eau potable dans la zone, car sans apport supplémentaire avant la fin de l’année 2016, c’est toute la zone de Tétouan qui aurait été confrontée à une véritable catastrophe de pénurie d’eau. »

Le Maroc a-t-il profité de cette Journée d’action pour l’eau, pour lancer officiellement une nouvelle initiative intitulée « De l’eau pour l’Afrique ». L’initiative est née en amont de la COP22, en juillet 2016 à Rabat, lors de la Conférence internationale sur l’eau et le climat, organisée par le Maroc, en partenariat avec le Conseil mondial de l’eau. L’objectif est de mobiliser la communauté internationale pour amorcer un programme d’actions urgent en faveur de l’eau et ainsi faire face au changement climatique en Afrique et, partant, mobiliser les ressources financières nécessaires. Ce même jour a été dévoilé le Livre Bleu sur l'Eau et le Climat, fruit des constats et recommandations formulées lors de la conférence tenue à Rabat en juillet dernier.


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