Le président ivoirien lance le Groupe ouest-africain des leaders de l'énergie

30/06/2015
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Des plans concrets pour attirer des investissements dans l'énergie durable dans la région

Mardi 30 juin 2015, à Abidjan, le président de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, a pris la tête d'un groupe de haut niveau composé de décideurs politiques et de chefs d'entreprise. Il s’agissait de lancer le Groupe africain des leaders de l'énergie (dit par sigle en anglais AELG) pour la région d’Afrique de l'Ouest. Celui-ci a des plans concrets pour encourager des réformes dans le secteur et affiche un portefeuille de projets d'investissements susceptibles d’obtenir une aide financière en faveur de l'accès à l'énergie durable dans toute la région.

C'est en Afrique subsaharienne, où 600 millions de personnes vivent sans électricité, que le taux d'accès à l'énergie s’avère le plus faible au monde. Et l’Afrique de l'Ouest enregistre les taux de pauvreté énergétique les plus élevés du continent. L'électricité et des équipements de cuisson salubres sont à la base de la prospérité et du bien-être, indispensables à la santé et à l'éducation de base, mais aussi au développement industriel et agricole.

Selon les chiffres de la Banque africaine de développement (BAD), un l'Afrique aura besoin, d'ici 2040, d'environ 42 milliards de dollars EU de financement par an pour satisfaire ses besoins énergétiques. Ce qui implique de décupler les investissements du secteur privé. Toutefois, d’importants obstacles notables s'y opposent, notamment l'absence de politiques publiques à même de créer les conditions propices à de tels investissements et le manque de projets pertinents.

Mis sur pied dans le cadre de l'initiative du Secrétaire général des Nations Unies « Énergie durable pour tous » (SE4All par acronyme en anglais), L'AELG permet aux responsables gouvernementaux et aux chefs d'entreprise d'établir un dialogue et des partenariats afin de faire tomber les obstacles, tout en favorisant les réformes nécessaires et en encourageant l'investissement – tant par des voies traditionnelles qu’novatrices.

Outre le président Ouattara, le vice-président nigérian Yemi Osibajo et les Premiers ministres respectifs de Côte d’Ivoire, du Bénin, du Mali, du Niger et du Togo, étaient présents et événement dédié à l’Afrique de l’Ouest. Y participaient également Olusegun Obasanjo, ex-président du Nigeria et John Kufuor, ex-président du Ghana, ainsi que des figures de proue du secteur privé – dont l'entrepreneur nigérian Tony Elumelu, et le musicien sénégalo-américain Akon, dont l’initiative « Akon Lighting Africa » œuvre à installer de l'éclairage à l'énergie solaire dans des communautés de 11 pays d'Afrique.

Prenant la parole au nom du président Ouattara, son Premier ministre Daniel Kablan Duncan a précisé que ce sous-groupe ouest-africain de l'AELG mettrait l'accent sur l'accélération de la mise en œuvre de projets adéquats, en s'adressant aux acteurs des secteurs public et privé pour mobiliser des moyens financiers.« L'accent sera mis sur les mesures pratiques et appropriées qui contribueront à la création d'un environnement favorable à l'investissement », a-t-il déclaré.

Le Groupe ouest-africain des leaders de l'énergie est la première antenne régionale de l'AELG, venu au monde lors du Forum économique mondial 2015 à Davos, en Suisse. Il jouit du soutien du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l'Union africaine.

La BAD, plateforme de SE4ALL pour toute l’Afrique, accueillera le secrétariat de l’AELG.

Tony Elumelu, l’un des cofondateurs de l’AELG, a indiqué que le sous-groupe ouest-africain comptait montrer l’exemple au reste du continent. D’après lui, « ce qui est unique, avec ce groupe, c’est qu’il encouragera un dialogue permanent entre les secteurs privé et public sur les moyens de relever nos défis et de mesurer les progrès accomplis grâce à des projets spécifiques. Je tiens à dire clairement qu’il ne concerne pas le développement social. Il concerne la transformation de notre continent. »

Vice-président de la BAD pour les infrastructures, le secteur privé et l’intégration régionale, Solomon Asamoah a expliqué que le groupe avait identifié un certain nombre de projets prioritaires tant au niveau régional que national pour sa première année d’existence, répartis en trois catégories : énergie hydroélectrique (le projet Souapiti en Guinée notamment) ; fourniture de gaz naturel aux producteurs d’électricité (assurer un approvisionnement en gaz régulier à la Côte d’Ivoire en vue de produire de l’électricité, par exemple) ; et exploitation de l’énorme potentiel du Sahel en énergie solaire.

Kandeh Yumkella, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’initiative « Énergie durable pour tous » et directeur général de l’initiative SE4All, a ajouté que la première étape consisterait à poursuivre sur la lancée des projets de qualité qui ont déjà été conçus.

« Nous ne voulons pas réinventer la roue, a-t-il assuré. Mais nous voulons aussi de nouveaux projets. Le Groupe africain des leaders de l’énergie vise à faire largement progresser l’accès à l’énergie. » --Pour de plus amples informations concernant l’AELG, veuillez consulter la fiche d’information sur le Groupe des leaders africains de l’énergie.