Le pétrole pourrait-il briller comme le diamant ? Comment le Botswana a-t-il évité l’anathème des ressources ? Les implications pour une nouvelle Libye

09/11/2012
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Le caractère rentier de l’économie libyenne a été au cœur des revendications socio-économiques qui ont conduit à la révolution qu’a connue le pays. Bien que les ressources pétrolières en Libye aient permis au pays d'accumuler des richesses, celui-ci  doit toujours faire face à de nombreux défis macro-économiques. En 1973, la Libye était caractérisée par une économie peu diversifiée et dualiste dominée par l'État ; la recherche omniprésente de la rente par les acteurs économiques et des lacunes réglementaires. Cette nature rentière de l'économie libyenne a eu des effets qui ont imprégné à la fois les structures économiques et politiques du pays. Les ressources pétrolières extraordinaires ont permis à l'élite politique de vider de leur sens les institutions gouvernementales – permettant ainsi à ceux au pouvoir d’opérer sans surveillance.

En dépit du système qui prévaut depuis plus de 40 ans, la révolution a démontré que le contrat social en Libye était intenable : la distribution inégale de la richesse, les mauvais antécédents en matière de transparence de gouvernance et de corruption, ainsi que les possibilités décroissantes en termes de développement des ressources humaines ont été autant de griefs contre l'ancien régime qui n’auraient pu être tolérés si longtemps sans la rente pétrolière. Ne pouvant plus bénéficier du soutien de ses citoyens, l'ancien régime a été confronté à une révolution.

Malheureusement, l'histoire de la Libye n'est pas unique. La théorie économique suggère que les déséquilibres macro-économiques de l'économie libyenne et les troubles sociaux qui ont suivi ne sont pas surprenant . Au contraire, l'économie politique du pays a suivi la trajectoire habituelle des économies riches en ressources. Des études ont démontré que l'abondance des ressources conduit à des politiques d’austérité et de récession. Il y a bien une exception à cette règle : le Botswana.  Bien que ce pays soit l'un des plus grands producteurs mondiaux de diamants, il est l'un des rares ayant réussi à changer la donne, faisant ainsi de ses ressources, une bénédiction plutôt qu’une malédiction. Classé parmi les 25 pays les plus pauvres au monde en 1998, ce pays est passé au cours des dernières décennies, au statut d’économie à  revenu intermédiaire.

La question qui se pose est  de savoir comment le Botswana a réussi à échapper aux pièges qui se posent aux pays disposant d’énormes ressources naturelles, tout en enregistrant une croissance stable et en préservant ces richesses pour les générations futures? Comment les leçons tirées de cette expérience peuvent-elles profiter à la nouvelle Libye ? Ce document tente de répondre à ces questions en expliquant la dynamique des ressources naturelles, sa manifestation en Libye, mettant en parallèle l’expérience de ce pays avec la bonne gestion des richesses au Botswana.