Les experts pensent que des cours adaptés au marché du travail combleront le déficit de qualification

29/05/2013
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Le déficit des talents en termes de gestion existant en Afrique est le résultat d’une inadéquation entre l’école et les besoins du marché du travail, ont déclaré mardi, à Marrakech, les experts en éducation durant la séance intitulée « Combler le déficit des talents » aux Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD).

La discussion, tenue en marge des 48èmes assemblées de la BAD qui ont débuté lundi, visait à dessiner les contours de la méthode à adopter pour que l’Afrique puisse rattraper son déficit en termes de qualification.

Rebecca Harrison, directrice du programme Africa Management Initiative (AMI), a déclaré devant les participants que l’économie des pays africains avait besoin de bons gérants et que cela viendrait d’initiatives fortes des gouvernements afin de donner aux jeunes les talents dont ils ont besoin sur le marché du travail.

« Avoir de bons gérants est le début du développement » a-t-elle ajouté.

« Même si les Africains deviennent plus riches, mieux éduqués et ont plus accès aux réseaux sociaux, ils sont souvent mal préparés pour travailler et les entreprises peinent à trouver des talents », a déclaré Harrison. « La première barrière à la croissance de l’Afrique est son manque de capacité de gestion intermédiaire car sa pénurie de qualification fait obstacle à l’investissement » a-t-elle noté.

Lors du forum, les participants ont exprimé le désir d’engager leurs efforts et d’envisager les moyens possibles pour dynamiser les qualifications nécessaires sur le marché du travail chez les jeunes Africains.

Guy Pfeffermann, fondateur et directeur général de Global Business School Network, a dit : « Il y a besoin de solutions innovantes, ajustables, pratiques et accessibles pour aborder les défis du déficit de qualification de la jeunesse en Afrique. »

Il a noté qu’il est fondamental d’avoir de bons gérants quand l’Afrique commencera sa marche en avant car ce sont eux qui créent des entreprises privées ingénieuses qui créent des emplois et assurent que les objectifs de développement soient atteints.

Pfeffermann a déclaré que, pour que les nations africaines soient compétitives au niveau mondial, les compétences de gestion représentent un atout déterminant.

L’AMI estime que, sur une main-d’œuvre salariée Africaine de 111 millions de personnes, 11 millions sont des gérants.

« Pour mettre en place correctement la pratique d’une bonne gestion, il nous faut nous assurer qu’au moins un sur 10 d’entre eux – plus d’un million de gérants – a les compétences suffisantes pour guider le continent vers sa nouvelle phase de développement » a déclaré Harrison.

Selon les employeurs, nous sommes bien loin d’atteindre ce but. Seule une minorité de gérants Africains est bien préparée, en particulier ceux au niveau bas et au niveau intermédiaire.

Harrison a noté que la plupart des écoles du continent sont de bas niveau, excessivement académiques et en inadéquation avec les exigences d’économies africaines qui se développent vite.

« Nous avons urgemment besoin d’établissements financièrement accessibles et de grande qualité et de programmes de ce niveau, qui puissent atteindre aussi les zones rurales et les zones urbaines mal desservies.»

Selon Bakary S. Kone, Gérant du Département des Affaires Extérieures et du Partenariat à la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique, exploiter la technologie et l’apprentissage par les pairs nous aidera à construire une communauté de gérants efficaces et à faire le lien entre éducation et compétences d’employabilité.

« Les économies africaines devraient considérer l’éducation comme importante vis-à-vis du marché du travail. Plus importante que d’autres objectifs de la croissance du continent » a-t-il dit.