Dette, infrastructure et commerce en Afrique

23/11/2005
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Dette, infrastructure et commerce en Afrique

Tunis, 24 novembre 2005 – Les ministres africains des finances ont conclu, mercredi leur session consultative de deux jours à Tunis, par des propositions visant à aider les pays africains à relever les défis majeurs et à s’adapter à l’évolution de l’environnement mondial.

Les ministres ont fait des recommandations sur l’annulation de la dette, le développement intégré des infrastructures, l’impact de la hausse des cours du pétrole en Afrique et le cycle de négociations commerciales de Doha sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce qui se tiendra à Hong Kong en décembre.

Concernant le problème de la dette, ils ont demandé des précisions sur les conditions, les dates butoir  et dates d’exécution en insistant pour que "les engagements souscrits dans le cadre de l initiative en matière d’annulation de la dette multilatérale entraînent effectivement l’annulation de 100% de l’encours de la dette décaissée, y compris la dette envers le guichet non concessionnel de la BAD."

Les ministres ont précisé que les pays membres non régionaux non PPTE confrontés à des difficultés économiques particulières doivent bénéficier de l’allègement de la dette. Ces préoccupations seront examinées à la réunion des plénipotentiaires du Fonds africain de développement (FAD) et de l’Association internationale de développement (IDA) qui se tiendra à Washington le mois prochain.

Les ministres ont examiné le grand déficit en développement intégré des infrastructures en Afrique et se sont félicités de la création du Consortium pour l’infrastructure en Afrique dont le secrétariat sera abrité par la BAD. Ils ont aussi souligné l’intérêt pour les pays africains de prendre en compte le développement de l’infrastructure régionale dans leurs plans nationaux et de leur accorder la priorité dans leur budget.

En ce qui concerne le pétrole, les ministres se sont dits préoccupés par les conséquences de la hausse des cours du pétrole sur les pays africains importateurs nets et ont proposé d’étudier la possibilité de créer un fonds spécial pétrolier pour les aider à amortir les chocs et pour soutenir les efforts de développement du continent.

Dans un communiqué final, ils ont conseillé aux pays africains "de développer des sources d’énergie de substitution, notamment l’hydroélectricité et d’autres ressources renouvelables, et d’utiliser plus efficacement l’énergie".

Les ministres ont reconnu l’importance d’un système commercial mondial plus ouvert pour améliorer les perspectives de croissance et d’emploi en Afrique et ont demandé le démantèlement rapide des obstacles au commerce et l’élimination des subventions  ayant des effets de distorsion des échanges, surtout dans le secteur agricole, afin d’élargir les possibilités commerciales aux pays africains.

Les ministres ont également demandé de lever les obstacles au développement des échanges régionaux et Sud-Sud. Ils ont, par ailleurs, souligné l’importance de renforcer le dialogue entre les ministres des finances et les ministres du commerce afin d’intégrer les aspects commerciaux dans les Plans de stratégie de réduction de la pauvreté et les programmes de développement nationaux.

Ils ont fait observer que les pays africains ont besoin d’assistance pour renforcer leur capacité de négociation, et ont invité l’Union africaine, la Commission économique pour l’Afrique et la BAD à assurer cette assistance de manière coordonnée.

En conclusion, les ministres ont salué les réformes institutionnelles en cours à la BAD, qui visent à accroître son efficacité opérationnelle. Ils ont reconnu l’importance du renforcement de la coordination entre la Banque, l’Union africaine, le Secrétariat du NEPAD et les organisations économiques régionales.

Ils ont lancé un appel à la Banque et aux partenaires au développement afin qu’ils se penchent sur les difficultés particulières éprouvées par les pays sortant d’un conflit, ainsi que par les petits états enclavés et insulaires.

Les ministres ont invité la BAD à organiser une réunion similaire dans les six prochains mois, au cours de laquelle seront examinées les mesures concrètes visant à résoudre les questions soulevées.

Prenant la parole au cours de la conférence de presse qui a suivi la réunion, le Président du Conseil des gouverneurs et ministre de l’économie et du développement du Burkina Faso, Monsieur Seydou Bouda et le Président de la BAD, Monsieur Donald Kaberuka, se sont déclarés heureux de constater la présence à Tunis de toutes les régions du continent et toutes ses organisations économiques régionales.

La conférence ministérielle ad-hoc a été organisée par la BAD, en étroite collaboration avec la CEA, représentée par son nouveau Secrétaire exécutif, Abdoulie Janneh.