21,5 millions de dollars du Fonds d’investissement climatique à la RDC pour la transformation de ses vastes forêts

30/08/2013
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La République démocratique du Congo (RDC) a obtenu l'approbation d'un don de 21,5 millions de dollars du Fonds d'investissement climatique (FIC) pour relancer la gestion durable de son très important secteur forestier afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES ) et de renforcer la gouvernance des forêts.

Le Programme intégré REDD+ projet des Bassins de Mbuji-Mayi/Kananga et Kisangani (PIREDD/MBKISS) entreprendra une série d'initiatives pilotes en faveur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre des forêts et de la réduction de la pauvreté dans les grandes étendues de savanes dégradées et dans les forêts denses.

D’une durée de  cinq ans, ce projet, d’une valeur de 26,6 millions de dollars,  a été approuvé et recevra un don de 21,50 millions de dollars du Forest Investment Program (FIP) émanant du FIC, une contribution de 4,4 millions de dollars du gouvernement de la RDC et des contributions de 0,70 millions de dollars des bénéficiaires du projet. Le projet sera exécuté avec l’appui du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD),  l’une des banques multilatérales de développement partenaires du FIC. La BAD est également un pilier solide pour le climat et le développement en Afrique.

PIREDD / MBKISS permettra de faire une économie d’environ 4 millions de tonnes de CO2 sur 25 ans. Environ 400 000 personnes, dont 50 % sont des femmes, devraient en tirer des avantages directs, et 1,5 millions d’habitants devraient bénéficier indirectement de cette initiative. Parmi les avantages qui en découlent figurent notamment une meilleure utilisation de la biodiversité, de l'eau, du sol et des ressources forestières par les communautés locales, la création d'emplois, l'amélioration de la santé, et une meilleure promotion de l'égalité des sexes.

« Ce don est le premier jamais accordé par le FIC à un pays africain pour une action dans le domaine forestier. Il s’agit d’un soutien inestimable pour une action durable en matière climatique dans certaines des forêts les plus importantes au monde », a déclaré la coordinatrice du FIC de la BAD, également spécialiste en chef du changement climatique, Mafalda Duarte. « À la BAD, nous considérons cette action comme un signal d'espoir, une accélération de l'action concertée pour la protection des forêts de la RDC, et parallèlement l'accès accru des populations à l'énergie et à des moyens de subsistance durables, ainsi que la possibilité de sortir de la pauvreté. Le projet vise surtout la participation pleine et entière de toutes les parties prenantes dans sa conception et sa mise en œuvre ».

L'accent est mis sur la collaboration entre tous les intervenants qui, ensemble, ont convenu au niveau de la phase de la conception des actions prioritaires à mener tels la réduction des émissions de GES, le régime foncier et la sécurité alimentaire. Concernant la mise en œuvre, le projet prévoit la participation du secteur privé, des communautés locales et de la société civile à la gestion durable des forêts, des plantations forestières, et à l'amélioration de l'agriculture durable, de la sécurité du régime foncier et de  la durabilité de la filière bois-énergie.

La République démocratique du Congo est l'un des plus grands pays forestiers du monde, avec deux tiers du territoire couverts par une forêt tropicale. Le pays abrite 60 % du système forestier du Bassin du Congo, deuxième réserve mondiale, et peut stocker jusqu'à 140 milliards de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) comme « poumon » mondial. Aujourd'hui, cependant, les forêts de la RDC sont gravement menacées, car une grande majorité des 60 millions d'habitants de la RDC en dépend fortement pour l'agriculture à petite échelle et d'autres moyens de subsistance ayant des effets pervers sur les forêts. L'exploitation forestière illégale et à grande échelle demeure également un problème systémique. Le gouvernement de la RDC a élaboré un cadre de Stratégie nationale, le REDD, pour transformer son secteur forestier en accélérant la coordination nationale et locale du REDD +, en augmentant les capacités institutionnelles pour une gouvernance forestière durable, en renforçant la participation des parties prenantes, et en encourageant le secteur privé à investir.

Cet appui du FIP et de la BAD est une composante essentielle du succès de ce projet. La RDC est l'un des trois pays africains choisis pour servir de pays pilotes du FIP en Afrique avec un financement de la BAD, les deux autres étant le Burkina Faso et le Ghana. Avec cet avis favorable du FIP, le projet sera dès à présent soumis  à l’approbation du Conseil d'administration de la BAD.