Malgré la crise financière, le secteur africain des télécommunications séduit les investisseurs

26/05/2010
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La crise financière devrait accélérer la consolidation des marchés de télécommunications en Afrique. C’est qu’indique le Rapport sur les perspectives économiques de l’Afrique (PEA) 2010 publié le 24 mai 2010, à Abidjan, dans le cadre des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD).

Le document souligne qu’alors que les petits opérateurs se battent pour financer le développement de leurs réseaux, les gros opérateurs qui n’ont pas de problèmes de trésorerie – comme le sud-africain MTN, l’égyptien Orascom Telecom, le koweïti Zain, le français Orange et le britannique Vodafone – vont pouvoir pénétrer les marchés africains. Zain a augmenté son capital de 4.49 milliards USD et prévoit de dépenser jusqu’à 4 milliards USD en Afrique d’ici 2010.

Pendant la crise les affaires continuent. Plusieurs opérateurs ont changé de mains, comme Ghana Telecom (août 2008), Onatel (Burkina Faso, décembre 2008) et Sotelma (Mali, janvier 209). Au Rwanda, Millicom s’est vu attribuer une nouvelle licence en novembre 2008. Orange en a décroché deux autres, en Ouganda en octobre et au Togo en novembre. Enfin, Orascom Telecom a racheté le namibien Cell One Namibia en janvier 2009.

L’avenir reste malgré tout assez incertain. Le cours des actions des opérateurs mobiles en Afrique s’est effondré : MTN a perdu 20 pour cent en 2008 et Millicom 66 pour cent. Avec le ralentissement de la croissance depuis trois ans, la concurrence tarifaire va se renforcer, réduisant des profits qui avaient jusqu’ici permis d’assumer les dépenses d’investissement. Le développement des réseaux 3G va donc probablement être retardé.

Les flux d’IDE dans le secteur africain des télécommunications ont à peine souffert de l’éclatement de la bulle Internet en 2000-01 – même si une poignée d’entreprises seulement assurent l’essentiel de ces investissements. Entre 1996 et 2006, le français Vivendi a injecté 6,1 milliards USD, contre 4,9 milliards pour France Telecom et 3,4 milliards pour le britannique Vodafone. Les investissements Sud-Sud ont été le fait du koweïti Mobile Telecommunications – à hauteur de 4,9 milliards USD – suivi du sud-africain MTN (4,5 milliards) et de l’égyptien Orascom (3,7 milliards). Plus récemment, la Chine a proposé des prêts à des conditions de faveur aux opérateurs publics. Les équipementiers chinois comme Huawei et ZTE vont probablement augmenter leur présence en Afrique.

La crise actuelle devrait avoir moins d’impact sur les IDE destinés aux télécommunications africaines, du fait du potentiel du marché et de l’effet assez faible de la crise sur les consommateurs.