Les banques de développement préconisent un partenariat avec le secteur privé sur le changement climatique et organisent un groupe de travail sur les Etats fragiles

14/03/2007
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Les banques de développement préconisent un partenariat avec le secteur privé sur le changement climatique et organisent un groupe de travail sur les Etats fragiles

Les Banques multilatérales de développement ont exhorté  les institutions publiques et privées à collaborer plus étroitement pour faire face aux  futurs besoins énergétiques  et combattre le changement de climat. "C’est seulement dans le contexte d'un partenariat public - privé véritable que nous pouvons créer les conditions propices aux  investissements qui permettront de satisfaire la demande d’énergie mondiale d'une manière permettant de protéger durablement l'environnement", ont déclaré mardi, les responsables des BMD et du Fonds monétaire international.

Les responsables des BMD  – Banque africaine de développement, Banque asiatique de développement, Banque Inter- américaine de développement, Banque européenne pour la reconstruction et le développement et  Banque mondiale  – et le FMI se sont réunis à Londres, avant la conférence des  13-14 mars, sur le thème "Financement de l'énergie propre ", dans les locaux  de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement à Londres. 

Les BMD ont été invitées par les pays du G8 à un Sommet, à Gleneagles, en 2005, en vue de  préparer un Cadre  pour l'énergie propre et l’investissement au service du développement avec  la coordination de la Banque mondiale. La conférence fait suite au processus de Gleneagles et vise à nouer un solide partenariat entre les secteurs publics et privés pour la promotion de l'investissement dans la lutte contre le changement de climat. Les responsables formaient l’espoir que la conférence déboucherait sur des initiatives concrètes qui feraient avancer le processus. 

Les BMD sont disposées à jouer un rôle primordial dans un partenariat mondial en faveur de l'énergie durable. Le Cadre pour l’énergie propre et l'investissement au service du développement coordonné par la Banque mondiale, l’ Initiative pour l’énergie durable, de la BERD,  l'Initiative pour  l'énergie durable et la lutte contre le changement climatique de la BIaD, et le  Programme pour l’énergie propre et l’environnement  (CEEP) sont parmi les efforts entrepris par l’ensemble des BMD pour tenir compte du rendement énergétique, atténuer les effets du changement climatique et s’y adapter et assurer l'accès à l'énergie propre et son utilisation. Les BMD ont accueilli favorablement une proposition de la BIaD visant à créer un groupe de travail sur des biocombustibles. Elles ont également convenu de coordonner leurs activités dans le domaine de l’évaluation de la viabilité économique, technique et environnementale des technologies énergétiques propres. 

Les responsables des  BMD ont souligné que l'énergie  joue un rôle déterminant dans  la réduction globale de la pauvreté, l'amélioration du niveau de vie et  la réalisation des objectifs de développement du millénaire. Cependant, la forte dépendance à l’égard les combustibles fossiles a non seulement des incidences sur la balance des paiements, mais elle occasionne également des dépenses considérables pour l’environnement local, régional et mondial. 

Ils ont souligné  que la réussite de la transition vers une économie à faible intensité de  carbone nécessitera le développement d’un cadre de politique globale à long terme équitable, qui stimulera le marché du carbone, ainsi que d'autres mesures incitatives pour les investissements rapides requis par les secteurs public et privé pour développer et lancer des technologies à faible teneur en carbone. 

Les objectifs de la Conférence de Londres visent à identifier les mesures spécifiques requises pour augmenter de manière significative le financement en vue de  réduire les émissions de gaz à effet de serre et pour augmenter l'efficience énergétique. Elle se concentrera sur des moyens d'augmenter des flux financiers de sources publiques et privées à réorienter vers  une économie à faible intensité de carbone. Ces mesures incluront des investissements dans le rendement énergétique, l’énergie renouvelable et les technologies non polluantes d’utilisation du charbon. 

Les responsables des BMD se réunissaient dans le cadre de leurs rencontres périodiques en vue d’un échange d’informations et pour définir des approches communes et complémentaires aux questions clés. En plus de leurs discussions qui ont eu lieu  avant la conférence sur l'énergie, leur réunion de la matinée du 13 mars s'est concentrée sur l’évolution de la situation mondiale, la viabilité de la dette, les problèmes se posant aux états fragiles, la gouvernance et la lutte contre la corruption, et une approche globale à l'adduction d’eau et à l’assainissement.

Sur la question "des Etats fragiles" ou des Etats à faible performance, les responsables  des BMD  ont souligné l'importance d'aider ces pays. Les pays fragiles et touchés par des  conflits sont un défi majeur de  développement  pour les efforts globaux visant la réduction de la pauvreté et la réalisation des objectifs  de développement de millénaire.  Les responsables de BMD  se sont engagées à collaborer pour  faire avancer cette question à l’ordre du jour, notamment dans le contexte des reconstitutions de capital actuelles  par le guichet de prêts à des conditions favorables  dans certaines des banques de développement. Pour réaliser des impacts rapides même dans ces environnements difficiles,  les responsables de BMD  ont établi un groupe de travail sur les Etats fragiles. Le groupe est chargé de  proposer des recommandations concernant les points suivants: 

  • Définitions communes et principes opérationnels communs pour s'engager dans  les états fragiles en collaborant étroitement, y compris des mécanismes pour identifier les BMD ayant la combinaison la plus appropriée de ressources, la présence sur le terrain et l’expertise requises pour diriger des interventions spécifiques.
  • Partenariat avec d'autres donateurs, y compris les agences de l'ONU, qui ont des capacités très utiles  et complémentaires pour faire  face aux situations de crise et après crises.
  • Procédures convenues qui tiennent dûment compte dès le début des points de vues des pays affectés pour assurer la conception et la mise en œuvre efficaces de l’intervention des BMD. 

Le groupe de travail fera rapport aux responsables des  BMD lors des Assemblées  annuelles du Groupe de Banque mondiale et du FMI. 

Les responsables des BMD ont convenu que les cadres de soutenabilité de la dette préparés par le FMI et la Banque mondiale sont des outils utiles qui donnent une orientation pour la gestion du prêt, particulièrement  après l’allègement de la dette. Les responsables ont convenu que  le FMI et  les BMD établiraient de nouvelles procédures pour renforcer la  coopération et le partage d’informations rapide et tout au long du développement  de ces cadres.

Les responsables des BMD ont également fait bon accueil à la forte croissance mondiale continue, qui a fourni un cadre propice aux progrès enregistrés dans la réalisation des objectifs de développement du millénaire. Ils ont réitéré leur engagement à collaborer étroitement pour la résolution des grandes questions mondiales et ont invité les décideurs  à tirer profit des perspectives mondiales favorables pour relever le défi de taille qui consiste à maintenir une forte croissance mondiale tout en sauvegardant l'environnement pendant longtemps.

Contact: Anthony Williams- Tél: +44 20 7338 6997- Email: Williama@ebrd.com