Les banques de développement s’unissent pour optimiser leurs bilans

22/12/2015
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La Banque africaine de développement (BAD), la Banque interaméricaine de développement (BID) et la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) ont approuvé un accord-cadre innovant permettant un échange d’exposition au risque souverain qui optimisera de façon collective leurs bilans et renforcera ainsi l’efficacité du développement.

L’accord d’échange d’exposition au risque souverain est un outil de gestion des risques développé dans le cadre d’une collaboration entre les principales banques multilatérales de développement (BMD). Cette initiative, lancée en octobre 2013 par la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) du Groupe de la Banque mondiale, a été approuvée par les dirigeants des différentes BMD à la suite d’une réunion des ministres des Finances du G8.

Contrairement aux institutions financières commerciales, qui diversifient leurs portefeuilles de prêts à travers des milliers – voire des millions – d’emprunteurs, les BMD prêtent à leurs actionnaires souverains. La concentration d’actifs qui en résulte reflète la force des liens entre les BMD et leurs emprunteurs, mais exige également des BMD qu’elles détiennent des fonds propres supplémentaires.

L’échange d’exposition au risque entre BMD augmente considérablement la souplesse et l’efficacité de leur gestion des capitaux. Par le passé, les BMD géraient surtout leurs risques induits par la concentration des capitaux en réduisant ou en limitant l’exposition dans les pays où les volumes de prêts étaient particulièrement élevés.

« Cet accord innovant améliore notre capacité financière collective et l’efficacité de notre aide au développement », a indiqué Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale. « Cette initiative montre également à quel point les banques multilatérales de développement déploient de grands efforts pour faire preuve de souplesse afin de réduire les risques. »

« L’échange d’exposition au risque des BMD montre la capacité d’innovation dont font preuve les banques de développement régionales », a expliqué Luis Alberto Moreno, président du Groupe de la Banque interaméricaine de développement. « À la BID, nous nous employons à maximiser les ressources dont nous disposons pour répondre aux besoins de développement de notre région dynamique. »

« La Banque africaine de développement est heureuse de participer à cette initiative novatrice d’optimisation des bilans, a déclaré Akinwumi Adesina, président du Groupe de la Banque africaine de développement. C’est un exemple concret de la collaboration croissante entre les banques multilatérales de développement pour trouver des moyens créatifs d’accroître leur impact sur le développement. Pour la Banque africaine de développement, l’échange d’exposition au risque aura un effet positif très important sur nos ratios de capital ainsi que sur notre profil de crédit institutionnel. Cela est crucial, car nous prévoyons un programme de développement ambitieux pour accélérer les progrès en Afrique ».

Cette initiative a été approuvée par les ministres des Finances du G20 dans leur document sur l’optimisation des bilans des BMD et a été débattue lors de plusieurs conférences internationales – notamment la Conférence sur le financement du développement d’Addis-Abeba, en juillet 2015.

Le 15 décembre 2015, la BAD, la BID et la BIRD ont approuvé les trois premiers accords bilatéraux d’échange d’exposition au risque dans ce nouveau cadre, pour un total de 6,5 milliards de dollars EU environ.

À propos de la Banque africaine de développement :

Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) est la première institution financière de développement en Afrique. Il comprend trois entités distinctes : la Banque africaine de développement (BAD), le Fonds africain de développement (FAD) et le Fonds spécial du Nigeria (FSN). Présente sur le terrain dans 34 pays africains et disposant d’un bureau de représentation extérieure au Japon, la BAD contribue au développement économique et au progrès social de ses 54 États membres régionaux. www.afdb.org

À propos de la Banque interaméricaine de développement :

La Banque interaméricaine de développement s’emploie à améliorer les conditions de vie humaine. Créée en 1959, la BID est une source de financement majeure à long terme du développement économique, social et institutionnel en Amérique latine et aux Caraïbes. Elle mène par ailleurs des recherches d’avant-garde, fournit des conseils politiques et une assistance technique, et dispense des formations à ses clients des secteurs public et privé dans toute la région.

À propos du Groupe de la Banque mondiale :

Le Groupe de la Banque mondiale, l’une des plus grandes sources de financement et de connaissances des pays en développement, se compose de cinq institutions étroitement liées : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et l’Association internationale de développement (AID), qui forment ensemble la Banque mondiale ; la Société financière internationale (SFI) ; l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) ; et le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI). Ces entités jouent chacune un rôle distinct dans leur mission de lutte contre la pauvreté et d’amélioration des conditions de vie des habitants des pays en développement.