Énergie : les partenaires au développement aux côtés des Comores pour relever les défis d’un secteur en crise

31/03/2015
Share |

 

Les institutions de développement et entreprises du secteur de l’énergie ont répondu présents à l’appel qu’ont lancé l’Union des Comores et la Banque africaine de développement (BAD), prenant part à la Consultation de haut niveau qui était organisée le 25 mars 2015, au siège de la BAD à Abidjan. L’événement a mis l’accent sur les défis auxquels est confronté le secteur de l’énergie aux Comores, en crise, et sur les solutions appropriées pour surmonter celle-ci.

Il s’agissait, avec cette consultation, d’éveiller les consciences, de créer un partenariat solide pour relever les défis qui se posent et de consolider  le secteur de l’énergie pour favoriser une croissance durable dans le pays.

Le secteur électrique est l’épine dorsale du développement aux Comores. Or il est entravé par des coûts de production et de maintenance élevés et par, à l’inverse, des taux de recouvrement bas. Ce qui n’aide pas à la diversification de l’économie. Aussi est-il nécessaire de prendre des mesures de court terme pour y remédier aussi vite que possible et mettre en place, avec l’aide des partenaires au développement, une vision à long terme pour une action globale et coordonnée.

La BAD a deux opérations en cours dans le secteur de l’énergie aux Comores : un projet d’investissement, dit “PASEC” (Projet d’appui au secteur de l’électricité aux Comores), d’une valeur totale de près de 20 millions de dollars EU, pour la réhabilitation des générateurs et des réseaux de distribution ; et un projet d’appui aux réformes dans le secteur de l’énergie (PARSE), équivalent à quelque 6 millions de dollars EU. La Banque s’est, en outre, engagée en octobre 2014, à fournir une assistance technique par l’intermédiaire du Fonds des énergies durables pour l’Afrique (dit SEFA par acronyme en anglais), pour renforcer les réformes engagées par les Comores pour favoriser les investissements du secteur privé. Emmanuel Mbi, premier vice-président de la BAD, a insisté : « la participation des investisseurs privés peut être un catalyseur pour consolider le secteur de l’énergie, et améliorer la production. Ce secteur est essentiel pour toutes les activités économiques et encourager une croissance plus inclusive. »

La Banque mondiale est, elle aussi, impliquée, à hauteur de 5 millions de dollars EU, dans le but d’améliorer la gestion de l’entreprise publique d’électricité et la qualité du service aux usagers.

La Banque islamique de développement (BID) accompagne, quant à elle, la compagnie nationale d’hydrocarbone, en provisionnant un fonds “revolving”, destiné à garantir une fourniture ininterrompue du fuel dans le pays. La BID a réitéré sa volonté de poursuivre son assistance au pays, à travers le financement d’un plan directeur dédié au secteur de l’énergie, en envoyant des experts aux Comores, lesquels pourront y partager les enseignements que la BID a tirés de son expérience engrangée dans le domaine dans d’autres pays.

De son côté, le PNUD accompagne le pays dans le développement de ses ressources géothermiques. Il a également proposé la mise en place d’un fonds fiduciaire, afin de recueillir les ressources financières affectées au secteur de l’énergie.

L’Union des Comores bénéficiera également de la coopération Sud-Sud comme avec la Côte d’Ivoire, qui a partagé son expérience et les leçons qu’elle a tirées du plan de redressement mis en œuvre dans son secteur de l’énergie.

Pour répondre à l’urgence de la situation et tenir compte des solutions spécifiques que le pays a adoptées en ce domaine, la BAD apportera son appui à travers la Facilité africaine de soutien juridique (dite “ALSF” par acronyme en anglais). Gérée par la Banque, l’ALSF fournit des prestations de conseil juridique et une assistance technique aux pays africains dans la négociation de transactions commerciales complexes.

La prochaine étape consistera à assurer le développement du plan directeur de développement du secteur de l’énergie. L’accent y sera mis sur les réformes nécessaires, telles que l’option de privatisation, et les investissements indispensables pour la diversification des sources d’énergie dans le pays. Il s’agit de parvenir à fournir une énergie durable à un coût abordable, afin de permettre une croissance inclusive et une transition vers la croissance verte.

Une deuxième consultation de haut niveau est prévue dans les six prochains mois : y seront présentées les grandes orientations du plan directeur, ainsi que les options choisies pour développer le secteur. Une fois le plan directeur fixé dans sa version définitive, un nouvel événement sera organisé, dans le but de mobiliser des ressources auprès de partenaires publics et privés.