La BAD et ses partenaires au chevet d’une industrie énergétique comorienne en difficulté

27/03/2015
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Une Consultation de haut niveau a eu lieu mercredi 25 mars au siège de la Banque africaine de développement (BAD), à Abidjan, pour discuter des solutions permettant de mettre fin au problème de l’énergie que connaissent les Comores. Cette réunion a évoqué le rôle important que peut jouer le secteur privé dans l’industrie énergétique en difficulté de ce pays.

Emmanuel Mbi, premier vice-président et COO de la BAD, a indiqué que « La BAD est fermement résolue à soutenir le secteur de l’énergie aux Comores et à conduire la coordination des interventions des partenaires au développement et du secteur privé. La participation du secteur privé est essentielle si l’on veut stimuler la production d’énergie et favoriser une croissance durable et inclusive. »

Les Comores sont caractérisées par un énorme déficit énergétique, obstacle majeur au développement socio-économique du pays. Leur taux de perte d’énergie est le plus élevé du continent et leur taux de recouvrement des coûts est le plus faible ; 48 % de l’électricité produite est perdue et 33 % seulement de l’énergie vendue est effectivement payée.

Les statistiques du ministère de l’Énergie révèlent que 80 % du pays est plongé dans l’obscurité, et que la production est quasiment inexistante. Les usagers n’ont accès à l’électricité que pendant cinq heures tous les quatre jours, tandis que les habitants des régions rurales sont parfois privés d’électricité pendant un mois entier.

Cette crise énergétique a par ailleurs des répercussions sur le secteur de la santé du pays. La maternité publique, la plus grande des Comores, n’ayant plus d’électricité, a dû fermer. « Le générateur qui alimente l’établissement est tombé en panne, et les infirmières ont refusé de travailler à la bougie. Maintenant, les femmes accouchent dans des voitures ou n’importe où car elles ne peuvent pas payer une maternité privée, qui est trop chère », a expliqué Alfeine Siti Soifiat, commissaire générale au Plan.

Il a été dit, lors de la réunion, que les déficiences des systèmes de production d’électricité du pays sont entre autres dues au fait que de nombreux générateurs sont en panne en raison d’un manque d’entretien, de coûts de fonctionnement élevés et de fréquentes pénuries de carburant. Le ministre de l’Énergie, Abdou Nassur Madi, a fait part de la nécessité de se diversifier vers d’autres sources d’énergie. « Nous ne pouvons pas dépendre d’une seule source d’énergie ; il nous faut plus d’une source si nous voulons répondre à la demande énergétique de notre pays », a-t-il fait remarquer.

De même, la diversification vers d’autres sources d’énergie a été saluée par l’Association des producteurs d’énergie africains, dont le représentant, Hickem Jemai, a recommandé de recourir au charbon, qui est, a-t-on dit, meilleur marché. La semaine dernière encore, lors d’un entretien avec des journalistes à Londres, le Président de la BAD, Donald Kaberuka, a indiqué soutenir le financement de centrales électriques qui fonctionnent au charbon car cette matière première est moins coûteuse. On étudie également la possibilité de développer la géothermie.

Convoquée par la BAD et le gouvernement comorien, la Consultation de haut niveau a réuni, entre autres, des partenaires au développement, des représentants de compagnies d’électricité et des acteurs du secteur privé. Cet événement sert de plate-forme à l’établissement d’un cadre pour s’attaquer aux difficultés qui affectent le secteur énergétique des Comores, et renforce ainsi sa contribution au développement.

Un plan directeur énergétique devrait être rédigé prochainement. Il décrira les réformes à adopter, notamment la privatisation et les investissements nécessaires au secteur pour que le pays puisse avoir accès à une énergie durable et abordable.

Une deuxième Consultation de haut niveau sera organisée dans six mois afin d’évaluer le plan directeur et d’adopter des mesures qui permettront de dynamiser le secteur énergétique du pays. La BAD a deux projets énergétiques en cours : l’un porte sur la réhabilitation de centrales électriques et représente 20 millions de dollars EU ; le second soutient les réformes du secteur de l’énergie et s’élève à 6 millions de dollars EU.