La contribution de la BAD au développement de l’Afrique : feuilleter l’album de souvenirs

22/05/2014
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Les Assemblées annuelles 2014 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) donnent l’occasion de revenir sur l’histoire de l’institution et d’évoquer sa contribution au développement, sous la thématique de l’événement : « Les 50 prochaines années : l’Afrique que nous voulons ».

La présentation financière des opérations de la Banque a fourni une bonne entrée en matière pour évaluer ses réalisations et nous pencher sur son avenir.

Au cours de leur présentation commune face à des centaines de participants, le vice-président de la BAD chargé des Finances, Charles Boamah, et son trésorier, Pierre Van Peteghem, ont retracé le parcours d’une Banque qui est passée de quelques milliers de dollars et une petite dizaine d’employés à ses débuts à une institution multilatérale dédiée au développement, qui a marqué durablement de son empreinte les moindres recoins de ses 54 États membres.

D’après cette présentation, la Banque a approuvé, entre 1967, date du début de ses activités, et la fin 2013, plus de 4 500 projets, pour un total de 118,7 milliards de dollars EU.

Le développement des infrastructures, talon d’Achille de l’Afrique, en est le premier bénéficiaire, avec 1 404 projets d’une valeur totale de 45 455 millions de dollars EU, suivi par 550 projets de nature multisectorielle d’une valeur estimée à 17 212 000 dollars EU. 498 « autres projets approuvés » (allégement de la dette des PPTE notamment, prises de participations, garanties, réaffectations de prêts, mécanisme en faveur des pays sortant d’un conflit et fonds d’affectation spécial pour l’eau) représentent un total de 14 512 000 dollars EU.

L’environnement a profité de 22 projets, d’une valeur totale de 365 millions de dollars EU ; 681 projets à caractère social ont totalisé 10 251 millions de dollars EU; 285 projets financiers atteignent une valeur estimée à 13 001 millions de dollars EU ; 148 projets relatifs à l’industrie, aux mines et aux carrières s’élèvent à 4 875 millions de dollars EU ; et trois projets dévolus au développement urbain atteignent une valeur estimée à 4,4 millions de dollars EU.

Davantage que les ressources allouées à ces projets, les nombreux secteurs ciblés démontrent clairement l’ambition de la Banque d’accompagner ses pays membres.

Néanmoins, 2009 restera gravée dans les mémoires comme une année exceptionnelle pour la Banque : cette année-là, la BAD a mis sur pied le mécanisme anticyclique novateur de mobilisation des ressources qui devait sauver les pays touchés par la crise.

Conformément à sa Stratégie décennale, la Banque a lancé un important programme de développement des infrastructures, pour une valeur de 1,8 milliard de dollars EU s’’agissant des transports ; ce sont 3,2 milliards de dollars EU qui ont été consacrés aux infrastructures rien qu’en 2013 ; 882 millions de dollars EU ont été dédiés au secteur de l’énergie ; 462 millions de dollars EU à l’eau et 54 millions de dollars EU aux communications.

Devenue le principal bailleur de fonds extérieur de l’Afrique pour le développement de ses infrastructures, la BAD est passée à la vitesse supérieure en créant le Fonds Africa50, en vue de mettre en place de nouvelles infrastructures, grâce à une nouvelle plate-forme de partenariat mondial qui soutient les projets visant à combler le déficit africain en la matière. Ce Fonds, qui entend mobiliser, dans un premier temps, jusqu’à 100 milliards de dollars EU, pourrait changer le destin de l’Afrique dans sa quête de développement.

Tous ces accomplissements ont permis de faire connaître la Banque, de consolider sa notation « triple A » et de la rendre d’autant plus attrayante vis-à-vis de ses nouveaux membres potentiels. Le Soudan du Sud et la Turquie l’ont ainsi rejointe récemment, et le Luxembourg est sur le point d’en faire de même.

Des pays membres ont créé des fonds d’affectation spéciale au sein de la Banque. Et l’Afrique du Sud, l’Angola, la Libye et le Lesotho ont rallié le Fonds africain de développement, le guichet de prêt à taux concessionnels du Groupe, contribuant ainsi à ses ressources de financement.