Les PME d’Afrique de l’Est sont une « priorité stratégique » pour les banques, constate une nouvelle étude de la BAD

26/03/2012
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Une nouvelle étude de la Banque africaine de développement (BAD) sur le secteur bancaire en Afrique de l'est a constaté que ce secteur est prêt à coopérer avec les petites et moyennes entreprises (PME) de la sous-région. Les banques du Kenya, de Tanzanie, d'Ouganda et de Zambie couvertes par l’étude perçoivent les PME comme «très rentables». Les PME sont aussi d'importantes pourvoyeuses d’emplois dans la sous-région.

Intitulé « Financements bancaires aux petites et moyennes entreprises d’Afrique de l’est : conclusions d’une étude au Kenya, en Tanzanie, en Ouganda et en Zambie », le rapport a été publié par le bureau de l’Economiste en chef de la BAD.

Le rapport indique que « le secteur des PME est une priorité stratégique pour les banques de la région. » Les PME ont de bonnes perspectives de rentabilité, et elles fournissent des opportunités importantes de marché croisé. Pour les banques, le crédit aux PME est vaste, ouvert et offre des perspectives très prometteuses.

Des obstacles empêchent toutefois les banques de prêter davantage aux PME. Ces obstacles ne se limitent pas à la nature des PME. Ils comprennent également les facteurs macroéconomiques et réglementaires, ainsi que l’environnement légal et contractuel.

L'enquête note également l'absence d'une attitude plus dynamique de la part des gouvernements à l’égard du secteur des PME. Elle met aussi le doigt sur certains domaines de règlementation prudentielle et des facteurs propres aux banques.

Pour autant, les banques ont appris à s'adapter à leur environnement, et l’ont fait par l'innovation et la différenciation.

La BAD conclut que «cette tendance doit être encouragée grâce à des réformes pour réduire l'impact négatif de ces obstacles qui entravent un engagement accru des banques dans les PME».

Il est important d’encourager les PME à cause de leur contribution à l'emploi. Le rapport cite une recherche antérieure qui a trouvé que les PME, en moyenne, ont contribué pour 60 pour cent à l’offre d’emplois formels du secteur manufacturier dans de nombreux pays.

En Afrique, leur rôle est encore plus grand. Selon cette recherche antérieure, « Si l’on tient compte de la contribution du secteur des PME aux opportunités d'emploi [dans les pays africains], les PME représentent environ les trois quarts du total des emplois du secteur manufacturier. »

Les PME en Afrique sont néanmoins à la traîne par rapport aux autres parties du monde en matière d'accès au financement. L'enquête rapporte que «seules 20 pour cent des PME d’Afrique sub-saharienne bénéficient d’une ligne de crédit d'une institution financière, par rapport, par exemple, à 44 pour cent en Amérique latine et dans les Caraïbes. »

Le rapport note également certaines similitudes entre les quatre pays où l'enquête a été menée. Le Kenya, la Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie sont tous des économies émergentes en croissance, et ils ont mis en place diverses réformes financières ces dernières années, avec des systèmes bancaires de plus en plus intégrés.

En fait, l'enquête fait partie d'un plus vaste projet régional de la BAD sur ce sujet. Son objectif est d'identifier les meilleures pratiques en matière de prêts aux PME, ainsi que les contraintes qui entravent la croissance du marché de financement des PME, afin d’en tirer les conséquences pertinentes pour les orientations.

La prise de risques par les banques de la région pour ce qui concerne les PME, telle que mesurée par le pourcentage des prêts aux PME sur le total des prêts est de 37 pour cent en moyenne. Le Kenya avait le risque le plus élevé aux PME, soit 50 pour cent, suivi par l'Ouganda avec 42 pour cent, la Tanzanie avec 37 pour cent et la Zambie avec seulement 18 pour cent.