Série des éminents conférenciers : L’Afrique n’a cessé de faire des progrès, dit la présidente de la JICA

16/06/2009
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Ogata

La présidente de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), Sadako Ogata, a indiqué que l’Afrique n’a cessé de faire des progrès au fils des ans, affichant une croissance économique moyenne de 6 % depuis les années 90. Mme Ogata a fait cette déclaration à l’occasion de la conférence qu’elle a donnée à Tunis sur le thème : «Paix et développement en Afrique : maintenir la condition», à l’intention du personnel de la Banque, des membres du corps diplomatique, des médias et des spécialistes du développement.

«Grâce à la stabilisation de la situation macroéconomique, des progrès encourageants ont été enregistrés en matière de prestation de services sociaux tels que l’éducation, la santé et l’alimentation en eau», a-t-elle indiqué, avant d’ajouter que «le développement de la capacité d’extraction du pétrole ou l’exploitation des réserves pétrolières ont contribué à la croissance globale sur le continent.»

Elle a souligné que «l’Afrique fait des progrès notables vers l’exploitation du potentiel remarquable de ses populations par le biais d’un développement auto-entretenu. Le défi, pour l’Afrique, est de réaliser une croissance économique durable dans le cadre d’initiatives africaines. La fourniture d’une aide internationale opportune à l’Afrique sera de nature à favoriser la stabilité politique et un développement économique efficace».

Pour ce qui est de l’aide au développement, l’ancien Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés a souligné que, depuis les années 90, la coopération au développement a cherché, d’une part, à faire reculer la pauvreté et, d’autre part, à contribuer à la gouvernance économique et la gouvernance publique. La communauté internationale, a-t-elle indiqué, s’est pleinement engagée dans les efforts de redressement et de rétablissement de la paix dans les pays sortant d’un conflit, bien qu’elle n’ait pas encore identifié son rôle ni précisé ses politiques de prévention des conflits.

Abordant la question de l’aide au développement et de la prévention des conflits, Mme Ogata a indiqué que les défis principaux à relever pour répartir au mieux les avantages de la croissance économique sont, notamment, l’endiguement des actions militaires, l’instauration d’un cadre de vie de base et l’édification de fondements socioéconomiques équilibrés. Elle a ajouté que l’aide au développement pourrait et devrait jouer un grand rôle dans la reconstruction, en s’employant clairement à contribuer à la prévention des conflits.

«En effet, les membres des Nations Unies et divers milieux gouvernementaux reconnaissent de plus en plus l’importance capitale de la prévention des conflits. L’appui aux actions de prévention s’est accru à la suite des conséquences désastreuses enregistrées durant les années 90 dans plusieurs régions du monde, en particulier dans la région des Grands Lacs en Afrique, qui a été secouée par le génocide au Rwanda. Toutefois, si l’on passe en revue les grands conflits de notre époque, nous pouvons noter que nous avons eu tendance à occulter la détérioration des conditions économiques, sociales et politiques qui a conduit à ces conflits vastes et dévastateurs. Si je devais modifier l’aide de mon pays en ayant à l’esprit la prévention des conflits, j’accorderais une plus grande attention à la compréhension et la résolution des problèmes de détérioration grave et brutale de la situation», a-t-elle précisé.

Parlant de l’organisation qu’elle dirige, Mme Ogata a indiqué que la JICA a engagé des relations de partenariat importantes avec la BAD, avec la signature d’un Mémorandum d’entente destiné à renforcer leur collaboration et contribuer à la promotion d’une croissance économique durable sur le continent. Elle a ajouté que les deux institutions ont convenu de fonder leur coopération sur un grand nombre de domaines tels que le développement de l’infrastructure régionale, la productivité agricole, le développement du secteur privé, l’environnement et le changement climatique, l’eau et l’assainissement et les situations post-conflits. Elle a fait savoir que la JICA a décaissé, en 2008, en faveur de l’Afrique, 670 millions de dollars EU au titre de l’aide publique au développement (APD), sous forme de prêts, de dons et d’assistance technique. La JICA a renforcé sa coopération avec la Banque africaine de développement, a-t-elle souligné.

Interview avec l’administrateur pour le Japon à la BAD, Tetsuya Utamura

« "Mon pays a l'intention d'élargir son rôle en tant qu’actionnaire du Groupe de la Banque. Pour nous, le secteur privé est essentiel pour le développement de l'Afrique. La BAD et le Japon vont également collaborer dans le domaine de la science de la technologie pour rendre effectif le Green Africa Initiative », dit l’administrateur pour le Japon à la BAD, Tetsuya Utamura, en marge de la visite d’Ogata Sadako.