La poursuite de réformes est indispensable à la croissance économique

31/05/2013
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L’amélioration du climat des affaires en Afrique fut le thème d’un atelier  organisé le 29 mai aux Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement à Marrakech au Maroc. Intitulé « Améliorer le climat d’investissement en Afrique » le forum, réparti en deux sessions, fut l’occasion pour les panélistes  d’échanger sur les possibilités pour l’Afrique d’apprendre de ses succès et de ses erreurs.  

Au nombre des panelistes, on comptait Benjamin Mkapa,  ancien président  de la Tanzanie, Donald Kaberuka, président de la BAD,  Nkosana Moyo, président de l’Institut Mandela pour les études de développement, Evelyne Tall, directrice générale adjointe d'Ecobank et Raju Jaddoo, secrétaire général de la Chambre de commerce et d’industrie de Maurice

L’Afrique abrite sept des dix pays expérimentant la croissance la plus rapide au monde ; pourtant les échanges commerciaux entre les pays africains sont négligeables et ne représentent que 13,5% du marché. Pour accélérer la croissance économique sur le continent, les pays africains doivent commencer à échanger entre eux et s’ouvrir les uns aux autres. « Vous devez vous ouvrir les uns aux autres et mettre sur pied des clubs destinés à la construction de relations mutuelles, ainsi que de plateformes », a affirmé Nkosana Moyo.

Donald Kaberuka a abondé dans le même sens pour dire qu’ « Ensemble, nous sommes forts. L’intégration économique n’est pas une simple possibilité, elle s’impose à nous ». Il a assuré que « la BAD œuvre à la levée des barrières, mais les gouvernements doivent résoudre les problèmes triviaux ».

L’urgence de la mise en œuvre de réformes visant à garantir la croissance économique a été une observation partagée par les panélistes, comme l’a indiqué Evelyne Tall qui a exhorté les États africains à changer de mode de fonctionnement et à « ne pas se limiter aux paroles, mais à agir de façon concrète sur le terrain ». « Les gouvernements africains doivent parvenir à travailler avec les petites entreprises, qui sont les chevilles ouvrières de l’économie », a-t-elle ajouté.

Pour Raju Jaddoo, la solution est de s’ouvrir aux affaires, en veillant à lever tout obstacle à ce processus. Son pays Maurice a réduit le processus d’acquisition d’un permis de travail  de trois mois à trois jours. « Cette avancée a envoyé un signal fort de notre volonté de nous ouvrir aux affaires, et de telles mesures incitatives doivent être récurrentes », a-t-il ajouté.

S'il apparaît que le système de classement « Doing Business » de la Banque mondiale est un formidable point de départ pour les hommes politiques désireux d’ouvrir un débat, Jaddoo a cependant recommandé de « ne pas le faire pour obtenir un meilleur classement à la Banque mondiale, mais pour améliorer les conditions de vie des populations ». « La promotion d’un climat plus propice aux affaires à Maurice est un modèle qui doit s’appliquer à d’autres nations », a-t-il ajouté.