La réussite socio-économique de l’Éthiopie

10/10/2013
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Selon une récente publication de la Banque africaine de développement (BAD), intitulée « AfDB and Ethiopia – Partnering for Inclusive Growth », l’une des grandes réussites de l’Afrique d’aujourd’hui se trouve dans le redressement socio-économique qu’a connu un certain nombre de pays, dont l’Éthiopie, au cours des dix dernières années.

Avec un taux de croissance annuel moyen de 11 %, l’Éthiopie a réalisé des progrès considérables pour devenir l’une des économies qui se sont développées le plus rapidement au monde. Elle est en passe d’être la plus grande économie d’Afrique de l’Est. En investissant dans des projets et programmes dans divers secteurs de l’économie éthiopienne, la BAD apparaît résolument comme le partenaire de choix de l’Éthiopie en matière de développement.

Comme il s’agit d’une économie qui repose dans une large mesure sur l’agriculture, l’aide en faveur des pauvres que fournit la BAD est essentielle dans le soutien d’une croissance inclusive et le renforcement de l’intégration économique avec les pays voisins. Avec une population dont près de la moitié a moins de dix-huit ans, la croissance inclusive est axée sur la création d’emplois et une meilleure répartition des revenus en vue d’éradiquer la pauvreté. A cet égard, la BAD a visiblement joué un rôle majeur.

Les orientations politiques doivent être les bonnes. Le partenariat de la BAD avec l’Éthiopie a été effectivement marqué par de telles orientations, basées sur un dialogue franc, une sélectivité stratégique et une forte focalisation sur les résultats. À cet égard, l’Éthiopie a su tirer son épingle du jeu.

La série de réformes actuellement menées contribue non seulement à accélérer la croissance, mais aussi à améliorer la prestation des services de base dans son ensemble, favorisant ainsi la capacité enviable du pays à réaliser plusieurs objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Parmi ces réformes, on notera la privatisation des entreprises publiques et la rationalisation des réglementations gouvernementales qui ont commencé à attirer les investissements étrangers tant espérés.

En fin décembre 2012, les activités du Groupe de la BAD en Éthiopie s’élevaient à un montant cumulé de 2,5 milliards d’UC, soit environ 3,8 milliards de dollars EU, représentant quelque 119 prêts et subventions. Ce niveau d’engagements fait de l’Éthiopie le sixième plus grand bénéficiaire de prêts du Groupe de la BAD,  après le Maroc, la Tunisie, l’Égypte, l’Afrique du Sud et le Nigéria. Elle est de loin le plus grand bénéficiaire d’Afrique de l’Est, devant la Tanzanie (environ 3 milliards de dollars EU), l’Ouganda (environ 2,6 milliards de dollars EU) et le Kenya (environ 2 milliards de dollars EU).

Les engagements provenant des ressources concessionnelles du Fonds africain de développement (FAD) ont représenté environ 85 % des engagements cumulés, car l’Éthiopie est actuellement classée comme pays à faible revenu, tout comme 36 autres pays de la catégorie A de la Banque.

Selon le président de la BAD, Donald Kaberuka, « la Banque maintiendra son partenariat afin que l’Éthiopie réalise son ambition de parvenir au statut de pays à revenu intermédiaire d’ici à 2025 et de s’intégrer davantage dans la sous-région ».

Pour atteindre cet objectif, la BAD, conformément à son principe de sélectivité, met actuellement plutôt l’accent sur des projets moins nombreux, mais de plus grande envergure, d’un montant moyen de 80 millions de dollars EU, qui auront plus d’impact sur le développement.

La BAD joue par ailleurs un plus grand rôle de coordination de l’aide pour attirer des ressources supplémentaires. Le maintien de l’efficacité de son buureau d’Éthiopie, rouvert en 2001, sera déterminant pour promouvoir les activités et le programme de transformation du Groupe de la BAD dans ce pays.