Ethiopie-Kenya : 326,5 M$US pour un projet routier

02/07/2009
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Renforcer l’infrastructure pour promouvoir le développement économique et l’intégration

Tunis, 1er  juillet 2009 – Conformément à son engagement à soutenir le développement intégré de l’infrastructure dans les Pays membres régionaux (PMR), le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un prêt de 326 millions de dollars É.U. (210 millions d’UC) pour financer la deuxième phase du Projet de corridor routier Mombasa-Nairobi-Addis Ababa. Ce Projet prévoit la construction et le bitumage de 438 km de route, y compris le tronçon de 245 km Merille River-Marsabit-Turbi au Kenya et le tronçon de 193 km reliant Ageremariam-Yabelo-Mega en Éthiopie, la construction d’infrastructures socioéconomiques le long de la route et la construction d’un poste frontière à guichet unique.

Le financement a été approuvé mercredi à Tunis par le Conseil d’administration du Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel du Groupe de la BAD, qui octroie ce prêt.
Le projet vise l’amélioration des transports entre le Kenya et l’Éthiopie dans l’intérêt des deux pays et de la région. Une fois achevé, ce projet devrait réduire les coûts de transport et d’expédition entre le Kenya et l’Éthiopie ; réduire les délais de transit des importations et des exportations ; et accroître le volume des marchandises éthiopiennes qui transitent par le port de Mombasa au Kenya.
Par ailleurs, ce projet va promouvoir le commerce et l’intégration régionale, le développement du commerce intra-régional entre l’Éthiopie et le Kenya, d’une part, et dans l’Est et la Corne de l’Afrique, d’autre part. Le chef de projet, l’ingénieur des transports en chef à la BAD, Amadou Oumarou, a expliqué que la transformation du corridor routier Mombasa-Nairobi-Addis Ababa en une route commerciale viable exigeait une approche intégrée qui prenne en compte, non seulement, la construction ou l’amélioration de la route, mais aussi, l’augmentation des capacités du port de Mombasa, la construction des infrastructures de transit et les changements politiques et opérationnels visant à faciliter le commerce et le transport.

Ce projet s’inscrit dans la droite ligne des Stratégies de réduction de la pauvreté de ces deux pays ainsi que des stratégies d’assistance du Groupe de la Banque. La deuxième Stratégie nationale de réduction de la pauvreté 2005-2010 de l’Éthiopie, désigné sous le nom de Plan de développement accéléré et durable en vue de l’élimination de la pauvreté (PASDEP), accorde une haute priorité au développement de l’infrastructure à l’appui de l’industrialisation et de la commercialisation de l’agriculture.

Conçu pour lever les obstacles au développement résultant de la médiocrité de l’infrastructure de transport et du manque de liaisons interrégionales, le projet cadre bien avec la stratégie de la Banque 2008-2012 à moyen terme pour la promotion du développement de l’infrastructure et l’intégration régionale. La Banque a acquis une grande expérience au Kenya et en Éthiopie ainsi qu’à travers l’Afrique dans le cadre de projets d’infrastructure multinationaux. Ce projet routier est une priorité pour le continent car il s’intègre au Réseau d’autoroutes transafricaines et il constitue un projet phare d’intégration régionale dans le cadre du Plan d’action du NEPAD à court terme pour l’infrastructure. Lors de la présentation du projet au Conseil d’administration de la BAD, le directeur du Département de l’infrastructure, Gilbert Mbesherubusa, a souligné le caractère complémentaire et synergique du projet et des opérations déjà réalisées dans cet important corridor, notamment, la route Nairobi-Thika au Kenya, la route Arusha-Namanga-Athi River au Kenya et en Tanzanie, la route Singida-Babati en Tanzanie et les études sur le Pont Kazungula reliant la Zambie au Botswana. Le chef de la division des Transports pour la région, Juste Rwamabuga, a présenté le projet comme un bel exemple de coordination efficace ; en effet, plusieurs donateurs, y compris l’Union européenne et l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), prennent une part active au programme.   

En reliant le Kenya à l’Éthiopie, le projet aura un impact sur l’ensemble de l’Est et de la Corne de l’Afrique. En termes de commerce et d’intégration régionale, la zone du projet s’étend au-delà du Kenya et de l’Éthiopie, il touche l’Ouganda, la Tanzanie, l’Erythrée et Djibouti. Toutefois, depuis le développement par étapes du corridor, la zone du projet développée au cours des première et deuxième phases s’étend surtout dans la région aride et semi-aride du Nord-Est (ASAL) du Kenya et dans la région d’Oromia en Éthiopie.

Estimé à 328,76 millions d’UC, le projet sera cofinancé par le Groupe de la Banque, l’Union européenne ainsi que les gouvernements éthiopien et kenyan. Le Groupe de la BAD est le principal organisme de financement, avec une contribution qui couvre 64 % du total des besoins, octroyée sous forme de prêts à l’Éthiopie et au Kenya, s’élevant à 85 millions d’UC et 125 millions d’UC, respectivement.

* 1 UC – Unité de compte  = 1,54805 USD le 1/07/2009


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