L’UE promet d’augmenter ses financements climatiques en faveur des pays en développement après la COP21

07/12/2015
Share |

Associer  projets de développement et financements climatiques permet à de nombreux projets relatifs au changement climatique de voir le jour dans plusieurs régions du globe.

Une manifestation à l’initiative de l’Union européenne s’est tenue en marge de la COP21 à Paris, vendredi 4 décembre, sur le thème « UE et financements climatiques à l’international : contribuer et prendre les devants ». Une nouvelle occasion pour les experts présents de rappeler la nécessité de mobiliser des financements en faveur des projets liés au climat, qui ciblent donc l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, en particulier dans les pays en développement.

« Avec ses États membres, l’UE est un leader mondial du financement de l’action climatique, a lancé le Français Pierre Moscovici, ex ministre des Finances et commissaire européen aux affaires économiques et financières, à la fiscalité et à l'Union douanière. Et nous nous réjouissons de pouvoir étendre ces interventions, en faveur des pays en développement en particulier, à l’issue de cette conférence sur le climat à Paris »,

L’événement fut l’occasion de mettre en avant quelques chiffres de l’Union européenne sur ses financements liés au climat : elle aurait ainsi mobilisé 14,5 milliards d’euros en 2014, et entend augmenter ce montant jusqu’en 2020, ainsi que l’aide publique au développement d’ici à 2030.

Appuyant les propos du commissaire européen, Tao Wang, directeur de l’atténuation et de l’adaptation au Fonds vert pour le climat (GCF par sigle en anglais pour “Green Climate Fund”), a déclaré qu’il faut déployer un soutien financier approprié, afin de renforcer les capacités en ressources humaines et développer la construction d’infrastructures –  pour l’énergie  et les routes notamment.

« La production d’électricité et la construction de moyens de transport sont en tête de nos priorités », a précisé le directeur du GCF. « Nous sommes prêts à nous joindre à d’autres partenaires au financement pour appuyer et promouvoir les perspectives de changer de de paradigme, avec des projets novateurs, qui peuvent être reproduits dans d’autres pays qui en ont besoin ».

Autre nécessité rappelée une fois encore durant cet évènement : impliquer des investisseurs privés dans des projets de réduction des émissions de carbone. Pour sa part, la Banque européenne d’investissement (BEI) a annoncé qu’elle allait mobiliser pour plus de 100 milliards de dollars UE de financements dans les cinq prochaines années pour aller en ce sens. 

« Les financements privés en faveur de l’efficacité énergétique, par exemple, ont été couronnés de succès en Afrique du Sud et au Kenya, où la Banque européenne d’investissement a financé de grands projets d’énergie éolienne »par, a fait remarquer Jonathan Taylor, vice-président chargé de l’action environnementale et climatique à la BEI.

En pole position pour faire face aux défis du changement climatique en Afrique, la Banque africaine de développement (BAD) s’est emparée de cette problématique du changement climatique pour la muer en opportunité : celle de promouvoir un développement résilient aux aléas du climat et à faibles émissions de carbone au sein des pays africains.

En tant que première institution engagée dans la mobilisation de fonds pour le développement économique et social de ses pays membres régionaux, la BAD œuvre à fournir des financements et à mobiliser des fonds avec un effet de levier pour lutter contre le changement climatique – pierre angulaire du développement de l’Afrique. 

La BAD aide les pays d’Afrique à accéder aux financements climatiques dont ils ont tant besoin pour asseoir un développement durable et respectueux du climat. Cet engagement sous-tend la Stratégie 2013-2022 de la Banque, axée sur une croissance inclusive et verte en Afrique, a souligné Solomon Asamoah, vice-président de la BAD pour les infrastructures, le secteur privé et l’intégration régionale.

La BAD a engagé pour près de 7 milliards de dollars EU en quatre ans seulement, entre 2011 et 2014, dans des projets de développement à faible émission de carbone.

À lire les statistiques de l’UE, celle-ci a intégré le volet climatique dans ses actions de soutien aux pays en développement. Elle a mis en place également des guichets d’aide dédiés à la lutte contre le changement climatique pour attirer davantage de financements, publics et privés, dans des projets à faible émission de carbone, à même de renforcer la résilience au climat.