L’ administrateur pour la Côte d’Ivoire salue la flexibilité de la BAD dans le traitement des arriérés du pays - Interview

06/03/2009
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Tchétché N’Guessan

Question : La Banque africaine de développement vient d’envoyer un message fort de son soutien à la Côte d’Ivoire, avec l’approbation du plan d’apurement des arriérés, de la note de stratégie globale et du programme d’appui aux réformes économiques et financières. Ce « package » a été long à mettre en place et le processus a duré pratiquement deux ans. Quel est votre sentiment, en tant qu’administrateur de la BAD pour la Côte d’Ivoire, après la signature des accords y afférents ?

Réponse : C’est un sentiment de satisfaction, de soulagement et de gratitude.

De satisfaction d’abord. Le processus a été très complexe, c’est un processus long avec plusieurs acteurs, et il n’est pas aisé d’aboutir quand plusieurs acteurs interviennent dans une opération. Cette fois-ci, la coordination a été optimale et nous avons réussi. D’où un sentiment de satisfaction.

Soulagement, parce que la Côte d’Ivoire avait besoin que cette sanction soit levée pour renouer avec les bailleurs de fonds : avec la BAD elle-même, d’abord, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. C’est donc un sentiment de soulagement d’autant plus fort que la population attendait cela.

C’est un sentiment de gratitude enfin parce que le président de la Banque s’est impliqué personnellement dans ce dossier et tous les administrateurs se sont impliqués. Naturellement, il y avait des garanties que, dès que le dossier serait approuvé, la dette serait payée immédiatement. Les administrateurs et tout le personnel de la Banque ont compris la nécessité de cette flexibilité. Cette opération prouve, encore une fois, que cette banque est une banque intelligente, et elle a montré que les règles de la banque ne sont pas là pour prendre l’Afrique en otage, mais au contraire pour faire libérer l’Afrique et la faire avancer sur le plan économique et social.

Question : C’est un nouveau départ dans les relations entre la Côte d’Ivoire et la Banque. Aujourd’hui la Côte d’Ivoire est engagée dans un processus de sortie de crise politique, quelles sont les perspectives d’avenir entre la Banque et la Côte d’Ivoire ?

Réponse : C’est un nouveau départ dans la mesure où ces dernières années nous avons vécu sous sanction. La levée des sanctions traduit donc un nouveau départ, ce qui veut dire que tous les guichets nous sont ouverts. Cette approbation ouvre de nouvelles perspectives et de nouvelles voies dans les relations entre la Banque et la Côte d’Ivoire. Les relations ont toujours été bonnes entre la Côte d’Ivoire et la Banque, marquées par des négociations difficiles et longues au regard des conditions qu’il fallait honorer. La Côte d’Ivoire doit utiliser cette disponibilité exceptionnelle de la Banque pour sortir de la crise. En cela la Côte d’Ivoire saura se montrer à la hauteur du défi qui lui est lancé, dans la mesure où elle a entendu le message que lui a lancé la Banque.