Un expert ivoirien évoque des répercussions économiques du "monde invisible" en Afrique

05/11/2012
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Mme Rose Koffi-Nevry, expert économiste à l'université Nangui Abroguoua en Côte d'Ivoire, a déploré vendredi des répercussions socio-économiques de l’hygiène alimentaire domestique sur le développement du continent africain, les qualifiant de "monde invisible" compte tenu que les pouvoirs publics semblent ignorer l'ampleur et les effets néfastes de ce phénomène sur le développement du continent.

Une série d'enquêtes ménages menées dans plusieurs pays africains ont démontré que le chef du ménage, prend au moins un repas hors du ménage, généralement dans des restaurants populaires.

Selon une étude présentée en marge de la septième Conférence Economique Africaine qui a clos ses travaux vendredi à Kigali, si la contamination microbienne des aliments peut être contrôlée en milieu familial, elle l’est moins dans les restaurants modestes qui sont donc des canaux de transmission des maladies infectieuses transmissibles par les aliments.

"Lorsque le chef du ménage est infecté par un microorganisme pathogène, cela affecte ses performances professionnelles et sa capacité de travail, ce qui a pour conséquence le tarissement des sources de revenu du ménage", a estimé Mme Koffi-Nevry.

Il été en outre signalé que le contrôle des maladies infectieuses d’origine alimentaire par l’usage des bonnes pratiques d’hygiène revêt une importance capitale pour le développement des populations.

En Afrique, les résultats préliminaires montrent une prévalence des microorganismes tels les coliformes notamment Escherichia coli, Clostridium perfringens, Staphylococcus aureus et Salmonella notamment dans les zones pauvres isolées, selon la même étude.

L’urgence de limiter les pertes économiques occasionnées par les maladies d'hygiène est dictée par la volonté politique, le développement soutenable des populations passe par les bonnes pratiques d’hygiène dans la manipulation de ces aliments.

Une approche pragmatique est que les gouvernements doivent  renforcer les contrôles sanitaires au niveau des aliments et s’assurer de leur qualité hygiénique avant consommation par les populations afin de prévenir ces affections et améliorer la santé des consommateurs.

Au plan économique, la croissance en Afrique sera concrétisée à travers plusieurs réformes, tandis que sur le plan politique, il y a un besoin pressant de tenir en considération que le niveau primaire de la pauvreté est lié au manque d’aliment.

"Certes les populations pauvres ou les couches sociales défavorisées à travers le continent africain sont incapables d’avoir accès à l’eau potable et aux savons pour le simple lavage des mains [...] Cela entraîne des répercussions néfastes avec des baisses de productivité et l’affaiblissement des capacités de production des individus”, a déploré l'économiste ivoirienne.

Un récent rapport de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) montre que les maladies liées à la consommation de nourriture contaminée par des microorganismes restent le problème de santé le plus répandu dans le monde contemporain et une cause importante de la réduction de la productivité économique.

Pour leur part, les experts économistes réunis à la Conférence économique africaine 2012 qui s'est tenue à Kigali sont convenus que  le développement du continent sera largement conditionné notamment par l'amélioration du niveau de vie de la population du point de vue des revenus, de la santé, de l'éducation et du bien-être en général.