Selon l’économiste en chef de la BAD, des conditions commerciales favorables aideront les pays africains à devenir des économies émergentes

25/03/2015
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Du 18 au 20 mars 2015, trois jours durant, Abidjan, capitale de Côte d’Ivoire, a accueilli la Conférence internationale sur l’émergence de l’Afrique. A cette occasion, l’économiste en chef par intérim et vice-président de la Banque africaine de développement (BAD), Steve Kayizzi-Mugerwa, a souligné combien une intensification des échanges commerciaux s’avère essentielle pour aider les pays africains à se muer en des économies émergentes.

Au premier jour de l’événement,  mercredi 18 mars, il a ainsi déclaré que « la création de termes d’échange favorables et le renforcement des relations commerciales avec les autres pays devraient jouer un rôle crucial dans l’émergence de l’Afrique ».

Coorganisée par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le gouvernement ivoirien, en partenariat avec la BAD et la Banque mondiale, cette conférence a mis en exergue la nécessité de négocier des concessions commerciales favorables, de sorte de créer de nouvelles opportunités de croissance économique pour les pays d’Afrique.

La réunion s’est achevée par l’adoption de la Déclaration d’Abidjan, le 20 mars, qui met l’accent sur l’impact du commerce africain sur le marché mondial : Les pays qui aspirent à devenir des marchés émergents doivent « accélérer l’intégration régionale à travers la création de blocs régionaux pouvant conduire à terme à l’amélioration du commerce intra régional et à un accès efficace aux marchés mondiaux », y est-il stipulé.

Les délégués sont convenus de la nécessité de faire participer les catégories vulnérables à la croissance économique et commerciale. « L’inclusion dans le système financier des populations les plus vulnérables, y compris les femmes, et notamment leur accès aux crédits, doit être promue de manière à renforcer leur participation à l’économie et garantir la protection sociale du plus grand nombre», précise aussi la Déclaration.

Les statistiques de la BAD font état d’une hausse de la croissance économique de l’Afrique, qui a atteint 5,5 % en 2014. L’objectif fixé pour 2015 est de 7 %. Toutefois, force est de constater que la majeure partie de la population africaine ne ressent pas l’impact de cette croissance.

Autre enjeu majeur du continent, abordé au cours de la Conférence : l’énergie.

Makhtar Diop, le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique, a exhorté les gouvernements à établir des priorités quant aux mesures à prendre pour venir à bout de la crise énergétique –  un volet essentiel pour attirer les investissements nécessaires à la croissance économique. « Tous les pays émergents doivent trouver une solution à la crise énergétique. Nous devons nous hisser au niveau des autres nations, veiller à produire suffisamment d’énergie pour l’Afrique à des prix abordables », a-t-il dit. Avant d’ajouter que le coût élevé de l’énergie a fait grimper les coûts des affaires en Afrique, poussant les investisseurs à investir dans d’autres pays.

De son côté, le président du Sénégal, Macky Sall, a appelé à des efforts concertés dans la lutte contre le terrorisme, qui, a-t-il fait remarquer, menace sérieusement le développement économique des pays africains. Ses préoccupations ont fait écho à celles du président de la BAD, Donald Kaberuka, qui a exhorté à plusieurs reprises la communauté internationale à unir ses efforts pour lutter contre les djihadistes et leurs sympathisants, où qu’ils soient, faisant remarquer à son tour qu’ils constituent une menace pour les perspectives de développement de l’Afrique.

Cette conférence a donné l’occasion aux gouvernements, au secteur privé et aux partenaires au développement, d’échanger ensemble, dans le but d’améliorer les politiques et les stratégies qui aideront les nations africaines à se muer en marchés émergents. Parmi les participants, on a pu voir des chefs d’État africains, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), des diplomates et des représentants du secteur privé et de la société civile.

Un comité, composé de représentants du gouvernement de la Côte d’Ivoire, de la BAD, des Nations Unies, de la Banque mondiale, du secteur privé et de la société civile, a été chargé de la mise en œuvre de la Déclaration d’Abidjan.