Les participants à la Conférence Nourrir l’Afrique conviennent d’accélérer la transformation agricole du continent

24/10/2015
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Après avoir discuté pendant trois jours des perspectives d’une transformation de l’agriculture africaine, les délégués à la Conférence Nourrir l’Afrique, qui s’est tenue du 21 au 23 octobre dans la périphérie de Dakar, sont repartis convaincus des engagements pris pour développer le secteur agroindustriel africain.

«Ce sont des événements de haut profil comme celui-ci qui font démarrer les choses. Il était important que le nouveau président de la Banque africaine de développement (BAD) puisse prendre cette décision stratégique au stade initial de son mandat, parce qu’elle a suscité l’attention de toute l’Afrique ainsi qu’un intérêt politique et technique », a déclaré Ikhide Imumorin, chef de projet au Collège d’agriculture de la Cornell University, aux États-Unis.

Il a déclaré que le haut niveau de la participation à la conférence «Nourrir l’Afrique», qui s’est penchée sur les moyens de réorienter des ressources pour assurer la croissance de l’agriculture en Afrique en réunissant des gouverneurs de banques centrales, des ministres des Finances et de l’Agriculture et des représentants de banques de développement régionales, allait donner des résultats.

«J’espère que cette conférence va maintenant catalyser les discussions et le débat sur la manière dont les engagements annoncés par les gouverneurs de banques centrales se traduiront en actions concrètes et seront mis en œuvre».

Au cours de la conférence, le président Akinwumi Adesina de la BAD a annoncé la création d’une facilité de financement de 300 millions de dollars destinée à aiguiller davantage de fonds vers des entreprises agroindustrielles dirigées par des femmes et à garantir des prêts bancaires.

« Ce projet me paraît excellent, même si c’est le seul à se dégager de cette conférence, car il devrait accélérer les activités agricoles d’ici 12 mois. Nous espérons voir la mise en route de nouveaux programmes et prendre connaissance de chiffres concrets indiquant le nombre d’hectares de terres améliorées et le nombre de femmes accédant à des crédits ».

Claudius Kurtna, un jeune entrepreneur agroindustriel kenyan, qui a assisté la conférence, a salué le président de la BAD pour avoir souligné le rôle des jeunes et des femmes dans l’agriculture.

«Il ne s’agissait pas d’une manifestation de jeunesse sur l’agriculture, mais c’est ainsi que le président de la Banque l’a menée et nous en sommes très contents. Cette rencontre signale le début d’un grand changement en Afrique. C’est la première fois que je vois des ministres des Finances, des gouverneurs de banques centrales et des chefs d’organismes agricoles réunis patiemment pendant plusieurs jours», a-t-il déclaré.

Kurtna, qui dirige Agri-Tech, une entreprise agroindustrielle au Kenya a déclaré que son organisation était parvenue à signer des contrats devant assurer son expansion et qu’elle recherchait de nouveaux engagements dans le domaine de l’agroalimentaire.

Oluwatosin Ariyo, qui supervise une initiative financée par le gouvernement britannique visant à améliorer le statut des femmes au sein de l’agriculture du Nigeria rural, a déclaré que son organisation espérait pouvoir «puiser aux engagements forts» convenus à la conférence envers l’appui de programmes actuellement mis en œuvre au Nigeria.

«Cette conférence a mis l’agriculture sur le devant de la scène. Le secteur financier commencera à combler les espaces vides entre différents maillons de la chaîne de valeur, et le fonds créé par la BAD contribuera à réduire les taux d’intérêt sur les prêts au secteur de l’agroalimentaire. Cela permettra à davantage de femmes d’en bénéficier», a déclaré Ariyo.

Celui-ci travaille pour Propcom Mai-Karfi, une entreprise qui vise à atteindre 500 000 agricultrices et à porter à 153 millions de dollars les investissements publics dans l’économie rurale d’ici 2017 en attirant des financements vers le secteur.

«Cette conférence nous a paru offrir des perspectives de création de nouvelles chaînes de valeur agricoles et de nouvelles initiatives pour accroître le revenu des femmes. La Conférence Nourrir l’Afrique a apporté un élan critique à nos efforts pour mécaniser l’agriculture et pour débloquer son potentiel», a affirmé Ariyo.