Le ministre des finances et de la planification économique, John Rwangombwa, partage sur la réussite du Rwanda

30/10/2012
Share |

La Banque africaine de développement (BAD), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Commission économique pour l'Afrique (ECA) ont ouvert ensemble la Conférence économique africaine (AEC), le mardi 30 octobre à Kigali, au Rwanda, pour débattre du « développement durable et inclusif en période d'incertitude économique ». La veille de la réunion, John Rwangombwa, ministre rwandais des finances et de la planification économique, a expliqué l'importance de la conférence qui en est à sa septième édition et se déroule pour la première fois au Rwanda.

Question : Quel message souhaitez-vous transmettre aux délégués qui assistent à cette conférence, parmi lesquels figurent des législateurs, des organisations de la société civile et des universitaires ?

Réponse : La Conférence économique africaine n'aurait pas pu mieux tomber. Les incertitudes persistantes dans l'économie mondiale ainsi que les fréquentes perturbations  découlant des marchés des capitaux et le problème de la dette dans les pays développés créent de sérieux défis pour le développement économique africain. Cette situation peut aussi être perçue comme une source d'opportunités. Je me réjouis que les délégués puissent explorer ces questions en profondeur, ici à Kigali. Je voudrais remercier la Banque africaine de développement et ses partenaires pour l'organisation de cette réunion. Cette conférence est un bon début. Si l'Afrique veut se développer un tant soit peu, elle a besoin d'une réforme économique au cours de la prochaine décennie. Nous ne pouvons indéfiniment être le continent des matières premières de base.

Question : Ce matin, au cours de votre allocution d'ouverture de la session dédiée au réseautage de la Banque africaine de développement sur les mouvements de fonds et la réforme économique africaine, vous avez fortement insisté sur les investissements directs étrangers (IDE) ? Quelle en est la raison ?

Réponse : Oui. Comme je l'ai déjà dit, les incertitudes persistantes dans l'économie mondiale ainsi que les fréquentes perturbations connexes des marchés des capitaux et le problème de la dette dans les pays développés créent de sérieux défis pour le développement économique africain. Mais cette situation peut aussi être perçue comme une source d'opportunités. Les législateurs peuvent transformer ces défis en opportunités, en collaborant étroitement avec les chercheurs et les groupes de réflexion du continent. Nous devons nous profiler comme la destination la plus sûre et la plus profitable pour les fonds des investisseurs refroidis par les problèmes qui règnent sur les marchés occidentaux. L'Afrique n'attire même pas neuf pour cent des IDE, ce qui est inquiétant.

Nous devons continuer à réduire autant que possible les incertitudes au sujet de l'évolution de nos économies.

Question : Reste-t-il un peu d'espoir pour l'Afrique ?

Réponse : Oui, absolument ! Le fait que la croissance de l'économie africaine s'est établie à cinq pour cent en moyenne, malgré la crise économique mondiale, est un signe que nous sommes sur la bonne voie. Nous pouvons néanmoins encore mieux faire. Le Rwanda a connu une croissance moyenne de 8,3 pour cent, au cours des dix dernières années. Je suis convaincu que si le Rwanda, un petit pays enclavé disposant de peu de ressources naturelles, peut réaliser cette croissance, alors l'Afrique entière peut atteindre une croissance à deux chiffres, si nous nous y prenons bien. Nous sommes en train d’élaborer notre deuxième plan de développement économique, dans lequel nous visons une croissance de 11,5 pour cent.

La recherche est l'une des façons d'améliorer notre compréhension des défis et opportunités économiques. L'Afrique, dans sa quête de réforme économique, devra sans cesse améliorer cette compréhension. Grâce à la Banque africaine de développement, nous parlons aujourd'hui des mouvements de fonds. Je pense qu'il s'agit là d'une des voies pour améliorer notre connaissance. Il importe de définir des politiques qui veilleront à une distribution et à un usage optimaux de ces fonds. Nous devons également mieux comprendre les réponses et les réactions des fonds à différents chocs. Tout cela forme la base d'une politique bien conçue. Nous devons déterminer les rôles que devraient jouer les gouvernements et le secteur privé, ainsi que les secteurs prioritaires qui accéléreraient le développement économique en Afrique.