Les institutions financières doivent créer plus de possibilités pour financer le secteur privé, déclarent des officiels

20/05/2014
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Le secteur privé est capital pour le développement et la stabilité des économies sur le continent africain. Pourtant, celles-ci demeurent confrontées à de lourds défis du fait du manque de fonds pour lancer ou développer leurs meilleures idées d’entreprises.

Lors d’une session interactive, qui s’est tenue le 20 mai 2014 au cours des assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), à Kigali, capitale du Rwanda, un coup de projecteur a été fait sur la situation du secteur privé en Afrique – appelant à changer radicalement d’approche pour trouver des sources de financement.

Intitulée « Nouveaux modèles économiques pour la mobilisation des ressources du secteur privé », cette session, qui a attiré plusieurs centaines d’experts en finance et de responsables politiques, s’est attachée à faire naître de nouvelles idées quant à la mobilisation de ressources dans le secteur privé et l’investissement en Afrique.

Dans son intervention, le ministre des Finances du Zimbabwe, Patrick Chimamasa, a regretté que les institutions financières n’emboîtent pas le pas des gouvernements, qui font de leur mieux pour instaurer des politiques visant à encourager investissements et financements étrangers en faveur du secteur privé. « Les banques locales et les grandes institutions financières ne jouent pas le rôle qui leur incombe pour soutenir le secteur privé. Elles doivent élaborer des instruments et des modèles qui soutiennent le secteur informel, non seulement en matière de financements, mais aussi de développement des compétences », a déclaré le ministre Chimamasa.

Et d’ajouter : « Il est indispensable de savoir, qu’avant même que les banques puissent distribuer de l’argent au secteur privé, les investisseurs locaux doivent d’abord disposer des compétences et des connaissances sur la manière d’investir dans leur domaine de prédilection Ainsi, ils contribueront de manière significative à notre développement économique ».

Directeur de la coopération de Microsoft au Moyen-Orient et en Afrique, Zaki Khoury a suggéré quant à lui que, plutôt que de tenter de corriger d’anciens modèles de financement, l’Afrique devrait en créer de nouveaux. « Nous devons comprendre la croissance du secteur privé n’est pas une question d’argent. Les gouvernements africains doivent réajuster la manière dont ils facilitent les PME, parce que les anciens modèles ont échoué. De ce que j’entends jusqu’ici, nous sommes encore en train d’essayer de corriger le système ou de corriger certains aspects de ce même système en levant plus de fonds. Or, ce sont de nouveaux modèles dont nous avons besoin », a insisté Zaki Khoury. Avant de poursuivre : « En plus de rechercher des capitaux et des ressources financières, il faut renforcer le capital humain pour s’assurer qu’il existe des personnes capables de mettre en œuvre des idées avec brio. Pour finir, le secteur privé africain doit également développer des idées perspicaces en menant des études de marché crédibles afin de limiter les risques d’échec ».

Les intervenants ont mis au défi les institutions financières internationales d’accorder leur confiance aux marchés africains, en offrant des opportunités à travers lesquelles les PME pourraient directement solliciter des fonds.

« Pour les investisseurs qui croient encore qu’il est risqué d’investir en Afrique, ils devraient savoir que plus le risque est élevé, plus les profits sont importants. Toute entreprise dispose de ses facteurs d’atténuation des risques, et je suis sûr que tout le monde sait que l’Afrique est une région rentable pour les investissements », a déclaré Jyrki Koskelo, qui dirige un fonds d’investissement pour l’agriculture et le commerce en Afrique, dénommé Africa Agriculture and Trade Investment (AATIF), lors de la session. « Mais nous devons, en Afrique, nous montrer avant tout plus innovants. Les groupements de PME doivent proposer des projets attrayants pour les investisseurs. Dans l’ensemble, les banques doivent être davantage disposées à tester le marché, mais en se montrant plus audacieuses, car c’est la seule manière pour nous de tester la résilience des PME ».

Charles Boamah, vice-président de la BAD en charge des Finances, a souligné auprès des participants que la Banque africaine de développement s’est engagée à travailler en collaboration plus étroite avec le secteur privé, afin de nouer des partenariats solides, capables de contribuer au financement de la transformation de l’Afrique.