L’intégration financière en Afrique : comment éviter les erreurs des autres

30/10/2013
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« L’Afrique a beaucoup à apprendre de l’Europe sur les pièges à éviter en termes d’intégration financière. L’expérience de la crise européenne et de l’euro doivent nous servir de leçon en Afrique sur les problèmes causés par l’intégration financière et, du point de vue de la politique économique, sur les questions à se poser avant une telle intégration », a déclaré Roy Havemann du Trésor national sud-africain. Mr Havemann s’exprimait sur l’intégration financière, le mardi 29 octobre, deuxième journée de la Conférence économique africaine (CEA) sur l’intégration régionale en Afrique, qui s’est tenue en Afrique du Sud.  

La crise financière mondiale a mis en évidence les déséquilibres macroéconomiques structurels et les réglementations inadéquates du système financier, en ce qui concerne les organismes et les instruments de réglementation. Elle a clairement montré la nécessité du recours aux outils financiers et macroéconomiques traditionnels, tels que les taux d’intérêt, les exigences de réserves en capital et la pondération des risques des actifs.

Les priorités réglementaires mondiales ont été établies à l’issue du sommet du G20 de l’après-crise, dont voici quelques-unes des plus importantes : l’adhésion à des normes internationales, la solidité des liquidités mondiales, le renforcement des normes de comptabilité et du cadre réglementaire applicable aux fonds propres des banques, de même que l’élargissement de la surveillance du système financier.

Intervenant sur l’intégration financière, Mr Havemann a déclaré que, pour assurer son succès, il fallait tenir compte de tous ses éléments, notamment : l’intégration de la réglementation financière, de la réglementation fiscale, et de l’intégration monétaire.  

L’intégration financière est définie selon le Fonds monétaire international (FMI) comme un processus  permettant aux banques d’un pays donné de fournir des services à des clients dans d’autres pays, qui offre des possibilités plus vastes de financement et une plus grande diversité de produits, et qui propose de meilleures occasions de financement aux particuliers. Même si l’intégration financière mobilise des fonds et favorise le développement du secteur privé, l’accroissement de l’activité transfrontalière peut également entraîner de nombreuses difficultés.

Selon Mr Havemann, en matière d’intégration régionale, les banques doivent faire preuve de plus de résilience et abandonner la mentalité du « too big to fail » (trop importante pour faire défaut). Il est également indispensable de transformer le secteur bancaire parallèle.

Se tournant vers l’avenir, Mr Havemann a déclaré, « Pour 2014, le secteur bancaire parallèle est une priorité essentielle pour la région [la Communauté de développement de l’Afrique australe]. Le gros problème pour les organismes de réglementation a été de trouver comment tenir compte de l’atténuation des risques dans les relations entre banques ». En outre, la coopération réglementaire doit être améliorée. « Nous devons procéder à l’application uniforme et rapide de nouvelles normes à travers divers territoires ».

Toutefois, le plus grand défi en Afrique demeure l’inclusion financière et l’accès général à des services financiers fiables, qui permettront aux particuliers d’économiser de l’argent, de gérer leur épargne, d’obtenir des prêts, d’acheter des actifs et de se prémunir contre les imprévus.

L’intégration régionale procurera d’immenses avantages à l’Afrique, en commençant par l’intégration financière qui doit constituer la première étape de cette intégration. Toutefois, elle doit se faire à un rythme approprié, avec l’adhésion à des normes internationales ainsi que la recherche d’un juste équilibre entre croissance et stabilité, a-t-il conclu.