Financement du développement : les ministres africains et les partenaires au développement d’accord pour accélérer les projets énergétiques régionaux

01/06/2007
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Les ministres africains des finances et de l’énergie ont entrepris d’accélérer les initiatives régionales en cours telles que le projet de barrage d’Inga, les projets de bassin énergétique et les projets de gazoduc. Ils sont également convenus d’explorer la possibilité de doter les communautés économiques régionales de pouvoirs d’emprunts limités, pour la mise en œuvre de projets énergétiques transfrontaliers. L’engagement a été pris lors de la deuxième conférence sur le financement du développement, qui a pris fin jeudi à Accra, la capitale ghanéenne. La conférence, qui s’est déroulée sur deux jours, s’est focalisée sur la possibilité de répondre aux besoins de financement du secteur de l’énergie, ainsi que sur la manière d’améliorer la contribution du secteur à la croissance et à la réduction de la pauvreté sur le continent.

La conférence qui s’est tenue sur le thème « l’infrastructure pour la croissance – le défi énergétique », a noté qu’en dépit de l’allègement de la dette, le flux d’aide publique au développement est demeuré stagnant. Les participants ont toutefois souligné que des flux accrus provenant de créanciers permettaient déjà aux pays africains de financer leurs besoins de développement pressants. En vue de trouver une solution idoine aux problèmes cruciaux dans le secteur énergétique et de poursuivre les objectifs de développement du millénaire (ODM), les participants ont reconnu qu’un éventail plus large de sources de financement, incluant des fonds concessionnels, serait souhaitable.

Les participants ont également pris note des défis particuliers auxquels sont confrontés les pays post-conflits ainsi que de la nécessité de mieux répondre à leurs besoins en financement. La conférence a reconnu l’importance de systèmes de gestion saine et transparente des finances publiques en vue de relever les défis liés à l’infrastructure en Afrique. La conférence a réitéré, à cet effet, son engagement à renforcer de tels systèmes.

Dans une déclaration rendue publique au terme des travaux, les participants ont pris note du fait que les pays africains ont grand besoin d’une forte et durable croissance économique pour augmenter les chances d’atteindre les ODM d’ici 2015. Ils ont également reconnu les contraintes imposées par la crise énergétique mondiale persistante. Le communiqué a mis l’accent sur l’importance d’une réaction vigoureuse au défi de l’infrastructure énergétique, qui, a-t-il souligné, est essentielle dans la durabilité et l’accélération de la croissance économique.

«L’offre inadéquate en énergie moderne réduit la productivité, entrave la compétitivité, accroît les inégalités entre genres et menace la réalisation des objectifs fixés à l’échelle internationale, y compris les ODM et les priorités du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad).

Pour de nombreux pays, des actions individuelles ne suffiront pas pour combler le déficit énergétique au regard des coûts élevés des investissements dans l’énergie et de la distribution inégale des ressources énergétiques. La flambée des cours du pétrole, la faiblesse des cadres réglementaires, le manque d’efficacité des politiques de prix, la faiblesse des capacités institutionnelles et un environnement défavorable à la participation du secteur privé dans le secteur de l’énergie grèvent davantage les investissements dans le secteur. Il en résulte qu’une meilleure utilisation de l’électricité d’origine hydrique, du gaz naturel et d’autres ressources, exigera une intégration régionale renforcée et le développement de l’infrastructure énergétique régionale », a souligné le communiqué.

Pour relever le double défi d’accroître l’accès à l’énergie des populations démunies et d’assurer le meilleur fonctionnement des infrastructures énergétiques existantes, les participants ont exprimé leur détermination à atteindre des résultats palpables aux plans national et régional.

Au plan national, les participants ont exprimé leur détermination à renforcer les cadres de planification, pour prendre en compte les besoins en énergie dans le cadre de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté. A cet effet, l’énergie fera partie intégrante des stratégies de développement national et sectoriel. Les ressources locales seront mobilisées à travers de nouveaux instruments de financement, des mécanismes de détermination des prix et de paiement appropriés. Il s’agira également de créer des opportunités d’investissement pour les investisseurs locaux, d’encourager les consommateurs à faire un usage plus judicieux de l’énergie à travers des incitations fiscales, des programmes de sensibilisation et la promotion du recours à des ressources énergétiques locales, ce qui aurait le double avantage de contribuer à la sécurité énergétique et à la création d’emplois. Les discussions ont également porté sur la réforme du cadre réglementaire du secteur de l’énergie, en vue de créer un environnement attractif et favorable à la participation du secteur privé.

Aux plans régional et international, les participants sont convenus d’accélérer les initiatives régionales en cours telles que le projet de barrage d’Inga, les projets de bassin énergétique et les projets de gazoduc. Ils se sont également engagés à faire des efforts pour renforcer des institutions régionales telles que les communautés économiques régionales et le NEPAD, pour en faire le fer de lance des actions régionales, ajoutant qu’ils exploreraient la possibilité de céder un pouvoir d’emprunt limité aux communautés économiques régionales pour mettre en œuvre les projets énergétiques transfrontaliers.

La conférence a également été l’occasion pour les participants de souligner l’importance du partenariat international dans l’effort visant à combler le déficit énergétique du continent. Ils ont à cet égard favorablement accueilli les initiatives récentes des partenaires au développement visant à appuyer l’augmentation de l’assistance au secteur de l’énergie. Ces initiatives comprennent des financements complémentaires destinés aux nouvelles sources d’énergie, la production de matière première énergétique brute, la promotion de l’efficacité de l’énergie et un accroissement des services énergétiques. Ils ont lancé un vibrant appel aux partenaires au développement multilatéraux et bilatéraux, pour soutenir les priorités nationales et les plans de développement en matière d’énergie, les exhortant à réexaminer les priorités sectorielles actuelles dans leur coopération avec les gouvernements. Ils ont également lancé un appel aux partenaires au développement, pour que soient développés de nouveaux mécanismes et instruments de financement pour les projets énergétiques transfrontaliers.

Ont participé à la conférence, qui était organisée en collaboration avec le Groupe de la Banque africaine de développement et la Commission économique pour l’Afrique (CEA), les ministres africains des finances et de l’énergie, les partenaires au développement, les institutions régionales et internationales de financement du développement, les agences onusiennes, le secrétaire d’Etat allemand auprès du ministère fédéral pour la coopération économique et le développement, représentant la présidence allemande du G8 et de l’Union européenne, ainsi que des représentants de la société civile et du secteur privé.