Conférence sur le Financement du développement à Addis-Abeba : les banques multilatérales de développement coopéreront plus étroitement entre elles et avec leurs partenaires des secteurs public et privé

13/07/2015
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La troisième conférence internationale sur le financement du développement a ouvert ses portes le 13 Juillet 2015 à Addis-Abeba, en Ethiopie, avec une séance plénière d’inauguration placée sous l’égide du le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. La Banque africaine de développement (BAD) était représentée en la personne de Geraldine Fraser-Moleketi, son envoyée spéciale sur le genre.

Cette conférence a pour but de débattre de nouveaux moyens de mobiliser des fonds pour financer la deuxième génération des programmes de développement que sont les Objectifs de développement durable (ODD). Placés sous l’égide de l’ONU, les ODD s’avèrent bien plus ambitieux encore que les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui les précédaient.

Lors d'une réunion tenue en amont, le 13 juillet, les responsables des banques multilatérales de développement (BMD) se sont engagés à une coopération plus étroite de leurs institutions ainsi qu’avec leurs partenaires des secteurs privé et public. Ce, dans le but d’aider à mobiliser les ressources nécessaires pour répondre au défi historique que constitue la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD).

Les points clés des discussions :

Ambitieux, le programme des ODD exigera bien plus de ressources que celui des OMD. Alors que les discussions relatives à la réalisation des OMD portaient sur l'aide et l’annulation de la dette, il s’agit désormais de réfléchir à ce que les pays peuvent faire par eux même pour eux-mêmes. D'où l'accent qui est mis beaucoup plus sur la mobilisation de ressources et la mise en place d'un environnement à même de stimuler le financement du secteur privé.

L’Afrique de 2015 est très différente de l'Afrique à la fin du siècle dernier. Après plus d'une décennie de croissance économique soutenue, l'Afrique actuelle voit s’offrir à elle des opportunités dont elle ne disposait pas jusqu’ici. De plus en plus de pays africains deviennent plus solvables et accèdent aux marchés internationaux de capitaux - plus de 7 milliards de dollars EU pour la seule année 2014. De même, les économies africaines sont de plus en plus en mesure de financer elles-mêmes leur propre développement, grâce à la hausse de leurs recettes intérieures. Au cours des quinze dernières années, les recettes intérieures mobilisées par les économies africaines ont même quadruplé – franchissant le seuil des 500 milliards de dollars EU en 2015 – c’est dix fois le montant de l'aide publique dont l'Afrique a bénéficié cette année.

Au cœur de ce processus de transformation, la Banque africaine de développement (BAD) est dotée d’une stratégie décennale (2013-2022), qui entend répondre aux besoins en constante évolution du continent. La BAD innove avec de nouveaux outils, en offrant notamment aux pays bénéficiaires du Fonds africain de développement (FAD) un accès aux ressources de la BAD ; avec la création du Fonds Africa50 destiné à accroître le financement des infrastructures ; et grâce à une mutualisation innovante en matière d’exposition avec d'autres organisations multilatérales pour tirer parti de notre bilan et étendre à plus grande échelle les prêts à l'Afrique du Nord, où nous avons des niveaux d'exposition élevés.

Dans les années à venir, les BMD devront réévaluer l'efficacité leurs modes de fonctionnement pour s’assurer qu'ils évoluent en même temps que les besoins de leurs clients, de sorte que ceux-ci restent de véritables partenaires au développement.

Ce groupe de BMD comprend la Banque africaine de développement, la Banque asiatique de développement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Banque européenne d'investissement, la Banque interaméricaine de développement, le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.