Financement de la réduction de la pauvreté et de l’inégalité en Afrique: l’éthique fiscale et la structure de financement du logement au cœur des débats

03/11/2015
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«Ethique fiscale et confiance dans les institutions publiques» et «Financement du logement et croissance inclusive en Afrique» étaient les thèmes de deux des exposés présentés par un groupe de chercheurs et d’économistes, mardi 3 novembre 2015 à Kinshasa. Ces deux sujets, que certains participants ont décrits comme des problématiques qui viennent empiéter sur le développement du continent, étaient au cœur des débats. Athanasius Coker, de la Banque africaine de développement, et El Hadji Fall, économiste pays en charge du Bénin au sein du Programme des Nations Unies pour le développement, étaient les discutants pour cette séance.

Le premier exposé, présenté par Wilfried Anicet Kouamé, s’est penché sur les «mécanismes fiscaux et leurs obligations». L’étude cherche à expliquer pourquoi certains citoyens payent leurs impôts, alors que d’autres ne le font pas. Elle examine également les raisons expliquant les si nombreuses différences en termes de conformité fiscale entre les différents pays. 

S’appuyant sur des exemples de toute l’Afrique, l’auteur conclut que la décision individuelle de se conformer aux obligations fiscales est une décision complexe motivée par plusieurs facteurs, le plus important étant la confiance accordée par les contribuables aux institutions publiques.

Les faits montrent que l’impact de la confiance dans les institutions publiques sur la moralité fiscale est plus important dans les pays développés que dans les pays en développement. L’étude fait voir que les actions et signaux lancés par les institutions publiques affectent la motivation intrinsèque des contribuables à s’acquitter de leurs impôts. L’implication politique qui en découle est qu’il faut renforcer la confiance des contribuables dans les institutions publiques au moyen d’actions positives.

Dans le second exposé, les auteurs Christian-Lambert Nguema, F. Tchana Tchana et Albert Zeufack ont présenté des modèles qui analysent la structure du financement du logement en Afrique, ses déterminants et son impact sur la croissance inclusive. Sur la base des données des ménages, leur étude relève le fait que la capitalisation boursière et l’urbanisation sont deux déterminants positifs clés du financement de logements.

Ces résultats donnent à penser que le développement des opérations de financement du logement en Afrique n’est pour l’instant pas un outil efficace de réduction des inégalités, vu qu’il est encore à un stade peu avancé. Toutefois, ils montent également qu’au-delà d’un certain seuil, le financement du logement pourrait se révéler efficace. L’auteur fait également valoir que l’incidence positive du financement d’habitations sur le développement économique général n’est, en Afrique, pas évidente. Les observations indiquent donc que les politiques visant à stimuler le développement du financement des logements en Afrique doivent être envisagées comme des mesures qui ne porteront leurs fruits que dans le moyen et le long terme.