Kenya : Première garantie partielle de risque du FAD pour le plus grand projet d’énergie éolienne en Afrique

02/10/2013
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Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, ce jour, un prêt pour la première garantie partielle de risque de retard (GPR) du projet de ligne de transmission du Lac Turkana au Kenya. Cet instrument d’atténuation de risques est financé par le Fonds africain de développement (FAD) à hauteur de 20 millions d’euros. Il couvre les bailleurs et investisseurs privés contre toute défaillance du gouvernement à remplir ses obligations contractuelles.

La GPR a pour but de soutenir le projet éolien du lac Turkana, le plus grand en Afrique. Il comprend le développement d’une ferme éolienne de 300 MW avec 365 turbines d’une capacité de 850kW chacune et un réseau d’électricité de 33 kV. La production moyenne d’électricité est estimée à 1 440 GWh par an, soit l’équivalent de la production annuelle de la Namibie en 2010, et sera vendue au réseau à un prix de 7,52 centimes d’euro/Kwh.

La première garantie partielle de risque de retard du projet de ligne de transmission du lac Turkana sera utilisée pour alléger le risque lié à la construction de la ligne de transmission publique de 428 km entre Loyangalanu et Suswa et les sous-stations associées nécessaires pour associer le projet au réseau national. La garantie partielle de risque permet d’aider le gouvernement du Kenya à construire la ligne de transmission à temps et de réduire le risque de défaut de paiement. Plus spécifiquement, une garantie est donnée à la société Lake Turkana Wind Power Limited et aux créanciers du projet contre les risques associés au retard de construction.

L’objectif du projet éolien du Lac Turkana est de fournir une énergie propre, fiable et peu coûteuse, de renforcer le réseau national du Kenya en augmentant la capacité d’énergie installée de 17%. La ligne de transmission comprend aussi un câble de fibre optique pour la transmission des données de communication. A long terme, le projet va réduire le coût de l’énergie pour les bénéficiaires, améliorer l’accès à l’énergie dans les zones rurales, augmenter le taux national d’électrification, réduire les émissions de CO2 et diminuer la dépendance aux énergies fossiles.

Les besoins d’électricité augmentent au Kenya. La génération d’électricité à bas coût ainsi que les interconnexions régionales sont nécessaires pour sécuriser l’accès à l’électricité, surtout dans les périodes de sécheresse sévère. Les délestages sont fréquents et le gouvernement s’est, jusqu’ici, appuyé sur des générateurs d’électricité qui fournissent de l’énergie en urgence. Leur installation est rapide mais leur coût très élevé.  

Le Groupe de la BAD a consenti un prêt de 115 millions d’euros au projet du Lac Turkana et conduit son développement depuis 2009. Kurt Lonsway, directeur par intérim du département énergie, environnement et changement climatique de la BAD s’est exprimé après l’approbation par le conseil d’administration de la GPR : « cette GPR va promouvoir l’investissement direct au Kenya et stimuler l’investissement privé pour les projets de génération d’électricité. En limitant le risque chez les bailleurs du projet, la garantie partielle de risque facilite la clôture financière du projet et réduit le coût total du capital. »

Depuis 2004, les GPR sont utilisées par la BAD pour stimuler l’investissement privé dans les pays à revenus moyens. L’introduction, en 2011, de la GPR au guichet du FAD, a permis d’élargir cet instrument financier aux pays à faibles revenus.

Le département énergie, environnement et changement climatique de la BAD a mis en place une équipe issue des départements de la trésorerie et du service juridique pour permettre l’utilisation de cette GPR dans les pays à faibles revenus. Tout est mis en œuvre pour la mise en place de ce type de projet. Les secteurs de l’énergie de divers pays d’Afrique de l’Est, du Sud et de l’Ouest vont, dans un futur proche, bénéficier de garanties partielles de risques..