Premiers pas du retour de la BAD à Abidjan

28/02/2013
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  • Un contexte socio-économique amélioré
  • Un engagement de 1 milliard $ EU pour la Côte d’ Ivoire
  • Hommage à la CEDEAO pour ses initiatives de paix

« En tenant sa réunion à Abidjan, une première depuis sa relocalisation il y a dix ans en Tunisie, le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a fait, le 27 février, les premiers pas du retour de l’institution en Côte d’Ivoire », a  indiqué le président Donald Kaberuka à l’ouverture des travaux.

Selon Donald Kaberuka, « il est important pour nous de rentrer à la maison, et nous sommes maintenant pleinement engagés à faire en sorte que le retour ait lieu.» Sur le terrain, les préparatifs du retour vont bon train, comme ont pu le constater les administrateurs  et des membres de la direction de la Banque africaine de développement (BAD) qui ont visité les sites des bureaux en cours de réhabilitation.   

L’administrateur pour les Etats-Unis, Walter Jones, s’est dit « encouragé par l’enthousiasme qu’ont les acteurs à faire aboutir les choses. J’espère que les travaux n’auront pas de retard et que tout sera en place pour le retour. Les gens sont motivés. La visite des chantiers m’a laissé une très bonne impression ». Quant au doyen des administrateurs, Mohamed Mahroug, celui-ci appelle « les entreprises, la Banque et le gouvernement à respecter les  délais. Si tout le monde se met au travail, il n’y a pas de raison que les choses n’avancent pas. »

Les « premiers pas » du retour de la BAD se font dans un contexte socio-politique et économique amélioré, ainsi que l’a souligné le Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan, en recevant à deux reprises le Conseil d’administration le 26 février dernier.   
Un contexte qui n’a pas échappé au président Kaberuka, qui l’a évoqué dans son adresse aux administrateurs : « La plupart des gens attachent un grand prix à la paix et à l’ordre, et je crois pouvoir dire que les banques aussi, dans leur ensemble, préfèrent la stabilité. C’est pourquoi je voudrais exprimer notre gratitude au président Ouattara pour les efforts qu’il déploie pour stabiliser la Côte d’Ivoire. Nous remercions aussi le président Ouattara de s’être investi personnellement pour ramener la Banque à la maison. »

Renforcement de la coopération BAD-Côte d’Ivoire

La tenue à Abidjan du Conseil d’administration est un symbole fort, tant pour la BAD que pour le gouvernement ivoirien. Elle traduit, non seulement les premiers pas concrets du retour de l’institution à son siège, mais aussi l’opportunité de renforcer la coopération, ainsi que l’ont reconnu le Premier ministre Duncan et les responsables de la BAD.   

En marge des discussions et de la visite, des rencontres ont été organisées avec des membres de la société civile et du secteur privé, l’objectif étant d’élargir les consultations et d’écouter toutes les parties prenantes au développement afin que les interventions du Groupe aient le plus grand impact possible sur le terrain.  

Évoquant les perspectives, Donald Kaberuka a souligné la volonté de la Banque à accompagner le processus de relance économique de la Côte d’Ivoire. Ainsi, la BAD contribuera-t-elle à hauteur de 1 milliard $ EU sur les 8,75 milliards promis par les bailleurs de fonds lors de la récente réunion du Groupe consultatif de Paris. Une relance déjà visible, ainsi que l’a déclaré le président Kaberuka : « La ville ressemble à un site de travail très actif – “un grand chantier” comme on dirait en français –, et nous sommes profondément reconnaissants pour tous ces efforts.»

L’intégration régionale et la question de la fragilité étant deux axes majeurs de la mission de la BAD, Kaberuka a fait référence au sommet des Chefs d’Etat de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui se tenait le même jour à Yamoussoukro sur la crise malienne, et auquel il  avait participé plus tôt dans la matinée. Il a remercié la CEDEAO pour ses initiatives de paix et de stabilité dans la sous-région : « La paix en Afrique de l’Ouest est importante, pour la Banque et pour les personnes qui vivent et travaillent dans cette région ».