4e Conférence économique africaine-La BAD souligne la nécessité d’institutions africaines solides

13/11/2009
Share |

speech

Addis-Abeba, le 13 novembre 2009 – Les mesures innovantes prises à temps par la Banque africaine de développement (BAD) et d'autres BMD ont réellement contribué à minimiser les dommages causés par la crise économique et financière mondiale sur les économies africaines, a déclaré le président de la BAD, Donald Kaberuka.

Dans une déclaration intitulée « l’Afrique : réflexion sur la crise économique mondiale et l'avenir », faite à la Conférence économique africaine 2009 à Addis-Abeba, M. Kaberuka a indiqué que la BAD a dû doubler et, dans certains cas, tripler ses prêts, dépassant en 2009 le cap des 8 milliards de dollars de la Banque.

L'institution a innové dans de nouveaux domaines tels que le financement du commerce, l'amélioration des processus de fonctionnement,  le temps de réponse et la capacité de réaction -  des mesures qui ont permis à certains pays africains en difficulté de faire face à l'impact de la crise économique et financière.

« Je crois que la capacité de la BAD à intensifier ses opérations à un tel niveau, dans un laps de temps aussi court et avec autant de souplesse a démontré l’impérieuse nécessité de la solidité des institutions en Afrique. Nous avons donné la preuve que nous sommes en passe de devenir une institution de classe mondiale dont l'Afrique peut s’enorgueillir », a-t-il déclaré. Il a toutefois expliqué que la crise a également démontré la pénurie des instruments de réponse à la crise de la Banque et des institutions homologues, et noté qu’il était nécessaire de remédier à ces lacunes.

Bien que le rôle essentiel de la Banque soit le financement à long terme du développement, elle a néanmoins le devoir de comprendre le processus du développement. Il a fait observer qu'il est important de trouver ce qui fonctionne et dans quelles conditions.

Il a noté que, bien que l'économie ait beaucoup à se faire pardonner dans la crise actuelle, les documents remis lors de la conférence tendent néanmoins à prouver que l'analyse économique demeure un outil puissant pour comprendre les interrelations complexes entre l’économie et la finance.

Concernant l'impact de la crise sur le continent, M. Kaberuka a indiqué que bien que l'Afrique ait été durement touchée par la crise au niveau macro-économique, le continent s’en sortait mieux qu’initialement prévu, attribuant cela « à son endurance et sa détermination à ne pas dévier des politiques saines ».

Le Président a fait remarquer que le problème de la création d’emplois et de la stimulation de la demande mondiale peut être résolu en appliquant les politiques keynésiennes aux pays africains. Il a ajouté qu’après la grande dépression, les politiques keynésiennes avaient été finalement appliquées à l'Europe et aidé le continent à se redresser après la guerre.

Il a également exhorté la Conférence à aborder la question de la diversification - en notant que, cinquante ans après les indépendances, la plupart des économies africaines continuent à dépendre des matières premières.

M. Kaberuka a déclaré que la Banque a salué l'appel du G20 aux banques multilatérales de développement à intensifier leurs activités, et qu’elle a fourni des capitaux et de ressources concessionnelles supplémentaires à ses pays membres régionaux, ajoutant que la Banque se consacre activement à la préparation d’une augmentation générale de capital.

Il a exhorté le groupe à aborder les questions de la crise mondiale. « Maintenant que le G20 n’est pas loin d’être quasiment un gouvernement mondial, je crois que cette légitimité renouvelée lui donne le pouvoir et, en fait, lui confère la responsabilité de prendre en charge l'ensemble des sources des tensions et des déséquilibres mondiaux, avec en tête les déséquilibres financiers et le changement climatique changement », a-t-il ajouté.

Réaffirmant la mission de la BAD en tant qu'institution de financement du développement pour répondre à l’ensemble des besoins de l'économie africaine, M. Kaberuka a déclaré : « Nous avons essayé de le faire pendant cette crise. Je pense que nous commençons à bien faire les choses. Non seulement en positionnant les enjeux nationaux dans leur contexte, en concentrant notre action sur les pays pris un à un, mais aussi sur les moteurs de la croissance régionale ».

Il a expliqué que la BAD apporte sa modeste contribution à cet égard par le renforcement des infrastructures (énergie, eau, transport), l'enseignement supérieur et les capacités scientifiques, la gouvernance et l'intégration régionale.

M. Kaberuka a déclaré à plus de 300 chercheurs et décideurs participants que le mérite de la Conférence consiste à prendre du recul pour réfléchir sur ce que devrait être fait avant la prochaine crise.

Le président de la BAD s'est dit convaincu que, si la crise a été un coup dur, les fondamentaux des économies africaines restent relativement en bonne forme pour rebondir quand la reprise mondiale se fera de manière durable, ajoutant que les délégués avaient l'obligation de se tenir prêts.