Les contextes fragiles, une priorité du FAD-14

01/07/2016
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Selon la Banque africaine de développement, plus de 56 millions de personnes nécessitent une aide humanitaire et plus de 17 millions sont déplacées à travers l’Afrique.

Cette situation de fragilité résulte en grande partie des conflits et des catastrophes naturelles et, selon les tendances actuelles, la pauvreté se concentrera de plus en plus dans les pays en situation de fragilité, a expliqué la Banque dans un document présenté lors de la deuxième réunion de la 14e reconstitution du Fonds africain de développement (FAD-14). Cette rencontre s’est déroulée du 30 juin au 1er juillet à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Ce document, intitulé « Leaving no one behind: The role of ADF in supporting fragile situations » [N’oublier personne : le rôle d’assistance du FAD dans les situations fragiles] préconise des manières de faire face aux situations fragiles, ainsi que de renforcer la résilience pour réduire la gravité et la probabilité des situations de fragilité. « Il est impossible d’éviter les risques existants. Ces derniers doivent être identifiés et atténués », affirme notamment la BAD, ajoutant que la nature du risque se décline de diverses façons : instabilité politique, faiblesse institutionnelle, mauvaise gouvernance, préoccupations liées à la sécurité, défis structurels des économies non diversifiées, urbanisation et changement climatique.

La Banque est en train d’investir davantage de ressources pour répondre à cette fragilité, comme en a été témoin le FAD-13, durant lequel le montant des ressources allouées aux situations de fragilité a augmenté. Au 31 mars 2016, 43 % de toutes les ressources du FAD avaient été allouées aux situations de fragilité, comparé à 17 % pour le FAD-12. Afin de créer une résilience, 4,75 millions d’UC (environ 6,66 millions de dollars EU) ont été affectés au financement de projets pilotes en faveur de l’entrepreneuriat des jeunes au Burundi, en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, au Libéria et en Sierra Leone. Ces projets pilotes devraient être généralisés dans le cadre de l’Initiative pour l’emploi des jeunes en Afrique de la Banque, qui vise à créer 25 millions d’emplois pour les jeunes en Afrique d’ici 2025.

Outre la promotion de la résilience par le biais d’une autonomisation des jeunes, la Banque est en train d’établir des programmes de résilience à la sécheresse en vue de prévenir les catastrophes humanitaires. Son approche consiste à œuvrer aux niveaux communautaire, national et régional, en ciblant les groupes vulnérables, et à renforcer les capacités institutionnelles, comme dans le cas du Sahel, de la Corne de l’Afrique, et plus récemment dans son intervention face à la grave sécheresse en Afrique orientale et australe, où elle a débloqué en urgence 549 millions de dollars EU pour venir en aide à 14 pays. En recensant ces interventions, ce document souligne l’importance de la participation des femmes. Comme son texte l’indique, « Il faut que l’autonomisation des femmes fasse partie de toute intervention dans ces environnements, à l’instar du Fonds d’investissement social de relance post Ebola qui a été financé dans le cadre du FAD-13 et qui met un accent particulier sur les femmes ».

Les cinq grandes priorités de la Banque, (les Top 5), sont axées sur la construction d’une Afrique résiliente : Éclairer et  alimenter l’Afrique en énergie ; Nourrir l’Afrique ; Industrialiser Afrique ; Intégrer l’Afrique ; et Améliorer la qualité de vie des Africains. Consciente du caractère spécifique des situations de fragilité, la Banque participe à une intervention sur le long terme autour de ces cinq domaines, en mettant un accent transversal sur la promotion de l’inclusion et du renforcement des institutions afin de transformer les économies.

Selon le document intitulé « Leaving no one behind: The role of ADF in supporting fragile situations », bien que l’économie des pays en situation de fragilité puisse être remarquablement dynamique et résiliente, ces pays luttent pour attirer les investissements étrangers. Le document souligne le rôle crucial que peut jouer le secteur privé pour déverrouiller le potentiel de croissance dans ces pays. De même, le président de la BAD, Akinwumi Adesina, répète souvent l’importance de veiller à l’adoption de mécanismes qui encourageront les investissements du secteur privé dans le développement durable.