Les dividendes du genre : les avantages économiques de l’investissement en faveur des femmes

23/05/2014
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Le débat sur l’égalité des sexes a récemment adopté la notion de dividendes du genre qui vise à améliorer les perspectives économiques des femmes. Ses partisans estiment qu’il convient de réaliser une analyse de rentabilité de l’égalité des sexes. Ils pensent  aussi que le fait que les femmes représentent une part importante de la population les rend indispensable au processus de développement.

Lors des Assemblées annuelles 2014 de la Banque africaine de développement (BAD), une session intitulée « Les dividendes du genre » a réuni le 21 mai à Kigali, au Rwanda, de  grands champions du continent en matière d’égalité des sexes. Il s’agissait pour eux de discuter du potentiel énorme que les femmes représentent et de l’importance d’exploiter ce potentiel en leur offrant l’égalité des chances sur le plan économique.

« Il est évident que la croissance dont nous bénéficions sur le continent n’a pas contribué à réduire les inégalités entre les sexes. Nous devons  nous pencher sur les secteurs en croissance qui sont susceptibles d’améliorer la qualité de vie des femmes et y investir », a déclaré  Ngozi Okonjo-Iweala, ministre nigériane des Finances et ministre chargée de la coordination de l’économie.

La ministre nigériane a ajouté que le renforcement des capacités par l’intermédiaire de l’éducation doit être au cœur de toutes les stratégies liées au genre ; et  que le Nigéria s’est engagé à assurer l’éducation des filles. Elle a ajouté que malgré les tentatives visant à saper ces efforts -  notamment l’incident concernant les filles de Chibok - le gouvernement nigérian n’abandonnera pas l’éducation des jeunes filles. « Nous avons récemment créé l’initiative ‘’Écoles sûres’’ dans le but d’assurer la sécurité des filles dans les établissements scolaires », a déclaré  Okonjo-Iweala.

L’un des thèmes centraux de l’ensemble des réunions de la BAD concernait la nécessité d’abandonner les interventions très ciblées en faveur des femmes au profit de politiques plus macroéconomiques. Selon le président de la BAD, Donald Kaberuka, cela passerait par l’inclusion financière des femmes. La question de la propriété foncière des femmes se situe  dans ce même ordre d’idées. En effet, la législation de la plupart des pays africains ne prévoit pas que les femmes puissent hériter de terres.

« 40 à 60 % des personnes employées dans le secteur agricole en Afrique sont des femmes, et pourtant moins de 15 % d’entre elles sont propriétaires de terres. Il existe en la matière un déséquilibre qu’il convient de combler », a déclaré Gasinzigwa Oda, ministre rwandaise du genre et de la protection de la famille.

A cet sujet, l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, a donné une des explications à ce phénomène, à savoir  que  les terres appartiennent à la collectivité.

En somme, les gouvernements ont été invités à cesser d’envisager les questions relatives aux femmes comme un retard à combler, et  à plutôt les intégrer pleinement au processus de développement.