Education des filles : mobilisation pour relever le défi
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) œuvre pour améliorer la qualité des projets en faveur de l'éducation des filles dans ses interventions et pour témoigner de son attachement aux accords de partenariat. Un Atelier qui a lieu à Tunis a rassemblé le personnel impliqué dans les projets visant à aider les pays emprunteurs à faire face au défi que représente l'amélioration de l'éducation des filles et à atteindre les objectifs de développement du millénaire (ODM). Cet atelier est une étape décisive dans les efforts de la Banque pour aider ses pays membres régionaux (PMR) à atteindre les ODM et notamment, l’objectif 3: « éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d'ici 2005 et réaliser l'égalité des genres dans l'éducation d'ici 2015 ». Sur des questions plus opérationnelles, les participants ont discutés des voies et moyens pour tenir compte de l'égalité de genres dans les opérations de la Banque, en particulier pendant les phases de préparation et de supervision des projets.
En plus de la sensibilisation des participants aux objectifs visés pour les questions de genre et l'éducation, l'Atelier s’est concentré sur les obstacles à l'éducation des filles ainsi que sur les interventions qui ont donné de bons résultats. Les participants ont cherché à bien comprendre les questions de genre, les notions qui s’y rapportent et leurs implications pour les activités de politique et de projet. Ils ont examiné les contraintes d’ordre économique, social et culturel auxquelles les filles sont confrontées en ce qui concerne la scolarisation et ont évalué les progrès enregistrés jusqu'ici par les pays africains dans la réalisation de ces objectifs.
L'Atelier a été ouvert par le Vice-Président de la Banque, Politiques, Planification et Recherches, M. Chanel Boucher, qui a souligné l’importance de l’événement sur le plan opérationnel. Il a ajouté: "vous pourrez améliorer la qualité de l'analyse dans les rapports d'évaluation ; proposer des interventions mieux ciblées et plus adaptées pour les filles, et aider efficacement pays membres régionaux à atteindre les ODM ". Il a encore précisé que, certes deux des huit ODM concernent directement les résultats de l’enseignement, mais assurer l’éducation des filles et des femmes est une condition préalable pour atteindre l’ensemble les huit objectifs. Par exemple:
- Objectif 1. Eliminer la pauvreté extrême et la faim : l'éducation augmente les opportunités d’activités économiques pour les femmes, et leur offre ainsi les moyens d’améliorer leur bien-être social, et a de nombreuses retombées non comptabilisées pour leurs familles et l'ensemble de la société.
- Objectif 2. Assurer l'éducation primaire pour tous: Les femmes instruites sont plus à même de scolariser et de maintenir leurs enfants à l’école.
- Objectif 3. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes: L'éducation est un facteur déterminant pour la contribution des femmes au développement économique, politique et social.
- Objectif 4. Réduire la mortalité infantile: La mortalité infantile est réduite de 15 % pour chaque année additionnelle de scolarisation de la mère.
- Objectif 5. Améliorer la santé maternelle: L'éducation maternelle permet de réduire sensiblement le taux de fécondité.
- Objectif 6. Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies: L'éducation peut réduire le risque pour les filles de contracter le VIH/SIDA.
- Objectif 7. Assurer un environnement durable: L'éducation améliore la capacité des hommes et des femmes à gérer l'eau et d'autres ressources environnementales.
- Objectif 8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement : Les exemples typiques de partenariat mondial pour le développement sont l'Initiative des Nations Unies en faveur de l'éducation des filles (UNGEI), l'Initiative EFA-Fast Track (EFA-FTI) et le Programme international d’harmonisation.
Malgré les liens étroits qui existent entre l'éducation et les ODM, près de 600 millions de femmes dans le monde entier sont illettrées, contre à 320 millions d'hommes. De plus, sur 136 millions de jeunes illettrés dans le monde, 63 pour cent sont des filles ; sur les 104 millions d’enfants non scolarisés, 58 pour cent sont des filles. En Afrique subsaharienne, l'inégalité de genre dans l'éducation est un défi bien plus grand, puisque les femmes représentent 61 pour cent de la population d'adultes illettrés, tandis que 58 pour cent des jeunes illettrés sont des filles. Sur 44 millions d'enfants actuellement non scolarisés en Afrique, 60 pour cent sont des filles.
L’Atelier de Tunis a été organisé par le Département des Politiques et de la Revue des Opérations en partenariat avec l'Unité du Développement durable et de la Réduction de la pauvreté et le Forum des Femmes africaines spécialistes en éducation (FAWE), l'Organisation islamique pour l'Education et la Science et la culture (ISESCO), l'UNESCO, et la Banque mondiale, la plupart de ces institutions étant membres de l'Initiative des Nations Unies en faveur de l'éducation des filles (UNGEI).

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