Après Doha : Comment maintenir vives les aspirations de l’Afrique

02/12/2008
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Doha, 2 décembre 2008 - Comment préserver la dynamique créée en faveur de l’Afrique depuis le Sommet de Monterrey de 2002, dans un paysage qui a considérablement changé ? Telle doit être la préoccupation première de l’Afrique et de ses partenaires. C’est ce qu’a déclaré le président de la Banque africaine de développement hier à Doha.

« Les importantes avancées réalisées par l’Afrique sur tous les fronts depuis 2002 étaient fragiles, certes, mais réelles. Cela se vérifie maintenant face aux multiples crises auxquelles le continent se trouve confronté depuis 24 mois », a dit le président.

Prenant la parole au cours d’une manifestation de la Conférence internationale des Nations Unies sur le financement du développement, consacrée à l’Afrique, le président a déclaré: « Il ne fait guère de doute que la crise financière affectera, et affecte déjà, les économies africaines par diverses voies, qui, cumulativement, se traduisent par le ralentissement et la contraction de l’activité économique de nombreux pays. Celles-ci ont pour conséquences la réduction des recettes publiques, l’adoption de mesures d’austérité budgétaire, des compressions de programmes sociaux, l’abandon de projets d’infrastructure, la fermeture d’entreprises, et des tensions dans le secteur financier. »

Il est plus urgent que jamais de tenir les engagements pris au titre de l’APD, de l’efficacité de l’aide et de la réforme du commerce. Et le président d’ajouter: « Les financements compensatoires provenant des partenaires de l’Afrique et des Institutions financières internationales seront désormais plus indispensables que par le passé », a-t-il dit, non sans préconiser la souplesse, la rapidité et l’innovation à cet égard.

S’adressant auparavant à des dirigeants d’entreprises d’Afrique, il a réaffirmé l’engagement de la Banque africaine de développement de renforcer son appui au secteur privé, de veiller à ce que des projets vitaux d’infrastructures essentielles, ne soient abandonnés, de permettre aux banques de continuer à obtenir des financements à l’appui du commerce et d’œuvrer en collaboration avec les gouvernements et le monde des affaires pour faire en sorte que l’impulsion donnée en matière de réforme des entreprises ne soit relâchées.

Le président Kaberuka a demandé instamment aux pays riches de porter un regard à long terme sur la crise financière et sur ses impacts multiformes. 

« La présente crise a couvé pendant de nombreuses années. Elle a éclaté au pire moment possible pour l’Afrique, tandis que nos économies étaient déjà mises à rude épreuve par des émeutes alimentaires urbaines, l’inflation et d’autres tensions macroéconomiques ». 

Il est par conséquent indispensable, a ajouté le président, que les pays pauvres aient droit à la parole dans la recherche de solutions. Il est essentiel de dépasser le cadre étroit des questions financières, pour s’intéresser aux urgences de développement auxquelles font face les pays pauvres et en développement.

Le président Kaberuka a exprimé son grand espoir que dans les mois à venir, pays riches, pays émergents et pays pauvres se retrouveront ensemble, dans le cadre du G20, pour rechercher des solutions séquentielles, mais globales, dans lesquelles la voix de l’Afrique sera entendue et prise en compte.

« Nous ne pouvons pas permettre que l’Afrique régresse, nous ne pouvons pas nous permettre une autre décennie perdue pour l’Afrique. Faisons en sorte que la conférence de Doha soit pour tous source d’un dynamisme nouveau dans l’intérêt d’une plus grande stabilité et viabilité mondiales et de la tenue des engagements pris au titre de l’APD, du Plan d’action d’Accra, de la réforme du commerce et de l’émergence d’un nouveau système multilatéral, dans lequel tous sont parties prenantes. Nous avons parcouru beaucoup de chemin depuis le Consensus de Monterrey, nous sommes aux prises avec de nouvelles tensions, mais nous devons maintenir le développement et la pauvreté au centre de nos préoccupations », a dit le président.


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