Guinée Bissau : la BAD finance la réhabilitation du secteur agricole et rural

29/06/2012
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Le contexte

Le Projet de réhabilitation du secteur agricole et rural (PRESAR) a été conçu dans le contexte d’un pays sortant d’un conflit. Il vise à atteindre la sécurité alimentaire et à lutter contre la pauvreté rurale. Plus spécifiquement, le projet vise l’amélioration de la production rizicole et maraîchère, ainsi que la promotion de l’élevage.

Le projet

L’assistance du FAD porte sur un don de 5,80 millions d’UC, soit environ 4,4 milliards de F.CFA. Ce projet fait partie des opérations de la Banque en Guinée-Bissau dont la mise en œuvre s’est exécutée dans de bonnes conditions, malgré un contexte socio-politique relativement difficile. Le PRESAR constitue un bon exemple d’opération menée de façon participative et touchant majoritairement les femmes, fortement engagées dans les activités rizicoles et maraîchères.

Une conception participative, des travaux à haute intensité de main d’œuvre

L’implication des acteurs locaux a permis de répondre aux besoins exprimés à la base et de proposer des interventions et techniques adaptées aux conditions rencontrées sur le terrain. Le partenariat noué avec le PAM a également permis de dynamiser la réalisation des aménagements par les populations qui sont intervenues sous forme de travaux à haute intensité de main d’œuvre. La simplicité des aménagements mis en place rend plus faciles les conditions d’entretien et de gestion, et donc l’appropriation par les bénéficiaires.

Résultats

Plus de 274 kilomètres de diguettes et 67 kilomètres de canaux ont pu être construits par les exploitants des parcelles rizicoles. La production de riz a été redynamisée, passant à environ 10.000 tonnes par an, grâce à l’aménagement sommaire de plus de 3.800 ha de bas-fonds et mangroves. La production de légumes a aussi augmenté, pour atteindre environ 8.100 tonnes par an. Plus de 24.000 producteurs ont profité de la réhabilitation des terres rizicoles dont 14.000 femmes.

Le projet a apporté des appuis importants en termes de semences améliorées (850 tonnes de riz et 650 tonnes de semences maraîchères), d’engrais (755 tonnes) et d’équipements agricoles. L’implication des ONG et des organisations paysannes a également permis à ces dernières de mieux exercer leur mission, d’étendre leur champ d’actions, et d’assurer une plus grande présence sur le terrain. Au total, plus de 440 groupements et associations de producteurs, dont 85 pour cent de femmes, ont été appuyés en matière d’organisation et de formation.

De nombreux services de l’Agriculture ont également profité de l’appui du PRESAR, à travers des formations, la remise d’équipements et/ou la mise à disposition de moyens logistiques pour réaliser un certain nombre de tâches qu’elles n’étaient plus en mesure d’assurer. Le PRESAR a notamment permis un recensement du cheptel au niveau national, l´élaboration de la Lettre de politique de développement du secteur de l´élevage et de son plan d´action, la formulation d´un projet bancable pour le secteur de l’élevage, une revitalisation des activités et des centres régionaux de l’INPA en charge de la recherche-développement, ou encore une dynamisation des directions régionales de l’agriculture. En termes d’infrastructures, le PRESAR a aussi permis la réhabilitation de six laboratoires nationaux et régionaux, de 15 magasins de stockage des produits agricoles, la construction de cinq marchés pour la vente des fruits et légumes ou marchés communautaires et la réhabilitation d’un marché municipal, ainsi que la construction et/ou réhabilitation de neuf banques céréalières.

Conclusion

La mise en œuvre du PRESAR a suscité beaucoup d’espoirs et d’attentes au niveau des populations, des partenaires et de l’ensemble des structures impliquées. Les réponses rapides apportées dans le cadre de la crise alimentaire de 2008-2009 et les résultats tangibles obtenus depuis le démarrage du projet sont également à l’origine de nouvelles demandes de la part des communautés villageoises. Le PRESAR sera clôturé en septembre 2012, et des réflexions sont en cours pour poursuivre et étendre ce type d’interventions, renforcer la durabilité des activités initiées, assurer la capitalisation des expériences, et orienter plus efficacement la réflexion stratégique de la République de Guinée-Bissau dans le secteur agricole.