La BAD, l’UA, la CEA et des hommes d’affaires africains s’unissent pour lancer un fonds de lutte contre Ébola

08/11/2014
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Au cours d’une réunion historique, qui s’est tenue le samedi 8 novembre 2014 au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba en Éthiopie, l’Union africaine (UA), la Banque africaine de développement (BAD), la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) et des Africains dirigeants d’entreprises se sont engagés à réunir leurs forces, afin de créer un mécanisme de financement qui permette d’affronter l’épidémie d’Ébola et ses répercussions.

À ce jour, le virus Ébola a dévasté d’innombrables communautés, infectant plus de 13 700 personnes, dont plus de 4 900 ont perdu la vie. S’il est indéniable que la réaction globale à cette crise s’est intensifiée ces dernières semaines, il y a toujours un besoin critique en compétences supplémentaires pour prendre en charge les personnes infectées, renforcer les systèmes sanitaires locaux et prévenir toute nouvelle propagation de ce fléau.

Réunis en table ronde avec les représentants de l’UA, de la BAD et de la CEA, les dirigeants africains d’entreprises provenaient de divers secteurs, notamment de la banque, des télécommunications, de l’extraction minière, de l’énergie, des services et des industries manufacturières. Ils sont convenus d’établir un fonds sous les auspices de la Fondation de l’Union africaine, par le biais d’une facilité dont la gestion sera confiée à la BAD, et qui appuiera les efforts déployés pour équiper, former et dépêcher sur le terrain des personnels sanitaires africains pour combattre l’épidémie.

Les participants de la table ronde ont salué les gouvernements, les organisations internationales, les institutions, ONG et entreprises qui ont été à l’avant-poste de la lutte contre Ébola. Ils ont aussi décidé d’intensifier en urgence le déploiement de personnels sanitaires dans les trois pays les plus touchés : Libéria, Sierra Leone et Guinée. Ils ont également noté avec satisfaction que certains pays africains s’étaient déjà engagés à envoyer plus de 2 000 travailleurs sanitaires formés pour appuyer les efforts en cours en Afrique de l’Ouest, escomptant de nouveaux engagements de leur part.

Répondant aux appels des pays, des entreprises africaines importantes, représentées à la table ronde, ont promis leur appui logistique, des contributions en nature et un apport financier de plus de 28 millions de dollars EU, dans le cadre d’une première série d’engagements. Plusieurs des entreprises présentes se sont aussi engagées à consulter sans tarder leurs instances de direction, afin de préciser leur participation dans les jours qui viennent. Les participants à la table ronde ont également lancé un appel au secteur privé de toute l’Afrique, invitant ses représentants à les rallier dans ce projet. Ces entreprises ont par ailleurs décidé d’affecter des fonds et des capacités à une opération autour d’une campagne intitulée « Unis contre Ébola » pour galvaniser les citoyens et leur offrir, à travers l’Afrique et le reste du monde, la possibilité de contribuer à la lutte.

Ces fonds serviront à soutenir un corps médical africain composé de médecins, de personnels infirmiers et de techniciens de laboratoire pour soigner les victimes d’Ébola, renforcera les capacités des services de santé locaux, et renforcera les effectifs des centres de traitement de l’Ébola au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée. Ces ressources seront déployées dans le cadre du Soutien de l’Union africaine à la lutte contre l’épidémie d’Ébola en Afrique de l’Ouest (ASEOWA), en coordination étroite avec les groupes d’action nationaux respectifs des pays affectés et avec la Mission des Nations Unies pour l’action d’urgence contre Ébola (MINUAUCE). Les fonds ainsi mobilisés seront dévolus à un programme de plus long terme, qi entend renforcer la capacité de l’Afrique à affronter des épidémies de ce type à l’avenir.

De plus, il a été décidé que cette table ronde des hommes d’affaires africains se muerait en une rencontre annuelle sous l’égide de l’Union africaine, afin de renforcer la collaboration avec le secteur privé en Afrique sur des enjeux de développement cruciaux pour la région.

Les chefs d’entreprise sont convenus de créer un mécanisme chargé de suivre la mise en œuvre des engagements pris lors de la rencontre de ce 8 novembre 2014, d’entrer en rapport avec d’autres entités industrielles et commerciales, d’observer l’application de la feuille de route et de décider des actions urgentes à entreprendre.