Santé: Le président de la Bad appelle tous les partenaires à remplir leurs engagements

16/11/2005
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Santé: Le président de la Bad appelle tous les partenaires à remplir leurs engagements

Tunis, le 16 novembre 2005 – « On ne pourra pas atteindre les Objectifs de développement du millénaire dans le secteur de la santé si les partenaires au développement ne concrétisent pas leurs engagements mutuels formulés dans la déclaration de Paris », a prévenu le président de la Banque africaine de développement, qui présidait une séance du 3e Forum de haut niveau sur les Objectifs de développement du millénaire (ODM) relatifs à la santé, qui s’est tenu les 14 et 15 novembre à Paris.

M. Kaberuka estime à cet égard que la mise en œuvre de la déclaration de Paris ne saurait se réaliser sans un renforcement de la confiance entre les partenaires au développement, tant du côté des bailleurs de fonds que du côté des bénéficiaires.

L’analyse du président de la Bad est la suivante: les bailleurs de fonds craignent que l’augmentation de l’aide incite les pays bénéficiaires à être moins actifs dans leur mobilisation de ressources internes ; de leur côté, les pays africains hésitent à entreprendre certaines réformes face au manque de prévisibilité des ressources. Il est donc important que les deux parties prennent sur elles un certain nombre de réformes, dans le cadre de leurs obligations mutuelles, pour conforter le climat de confiance et de responsabilité devant prévaloir entre les partenaires.

Les pays africains devraient ainsi prendre des mesures concrètes pour mobiliser les ressources internes, assurer une bonne allocation des dépenses prioritaires, renforcer la bonne gouvernance.

De leur côté, les bailleurs de fonds devraient traduire en actes la déclaration de Paris, avec des engagements à long terme, autour de ressources prévisibles et durables.

M. Kaberuka a en outre appelé à être « plus proactifs en ce qui concerne les instruments ». Illustration: pour améliorer les conditions sanitaires, les pays ont besoin de plus de médecins et d’autres personnels de santé. Former des médecins pour mettre en œuvre les ODM prendrait dix ans, rétorque le président de la Bad. Aussi faudrait-il passer dans l’intervalle par des actions adaptées à l’Afrique, qui déboucheraient rapidement sur l’augmentation de la capacité des pays à fournir des services de santé de base (réduction de la mortalité infantile, etc.).

Ont participé à ce forum, coorganisé par la Banque mondiale, l’Organisation mondiale de la santé et le gouvernement français: Paul Wolfowitz, président de la Banque mondiale, Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères français, Lee Jong-wook, directeur général de l’OMS, Robert Greenhill, président de l’Agence canadienne pour le développement international, Firmino Mucavale, directeur exécutif du Nepad, Richard Manning, président du Comité d’aide au développement de l’OCDE, Hilary Benn, secrétaire d’Etat britannique au développement international…

En marge du forum, le président Kaberuka a eu une série de réunions de haut niveau avec certains des partenaires au développement de la Bad. Il s’est entretenu avec Hilary Benn, secrétaire d’Etat britannique au développement international, sur le suivi de l’initiative du G8 visant à annuler la dette multilatérale des pays africains, sur l’évolution de la mise en place du Consortium africain pour les infrastructures dont la communauté internationale avait confié le secrétariat à la Banque, ainsi que sur la portée et l’ambition des réformes institutionnelles.

Il a également rencontré M. Thierry Breton, ministre des Finances français, avec lequel il s’est entretenu de sujets d’intérêt commun, notamment les opportunités de coopération entre la Bad, la France et l’Agence française de développement, qu’il a eu l’occasion de développer lors de ses entretiens avec Mme Brigitte Girardin, ministre déléguée française à la Coopération, et M. Jean-Marie Severino, directeur général de l’AFD.

M. Kaberuka a par ailleurs eu l’occasion de s’adresser aux entreprises françaises pour leur présenter l’évolution positive de l’environnement des affaires et l’accompagnement que la Bad peut apporter aux entreprises qui font confiance au continent. Une trentaine d’entreprises françaises ont ainsi pu passer en revue les différents aspects de l’investissement en Afrique, lors d’une séance de travail au siège du Mouvement des entreprises de France (Medef, patronat français), animé par M. Alain Viry, vice-président Afrique du Medef international.