"Investir dans les soins de santé est la clé de la croissance inclusive et durable en Afrique», souligne la Conférence ministérielle africaine à Tunis

05/07/2012
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Des ministres africains des finances et de la santé, des parlementaires, des organisations de la société civile, du secteur privé et des représentants des partenaires au développement bilatéraux et multilatéraux, ont entamé le mercredi, 4 juillet 2012, à Tunis, des discussions, de deux jours, sur le financement de la santé en Afrique.

Les principaux thèmes de la conférence portent sur la planification et la budgétisation axées sur les résultats, l'amélioration de la performance, l'assurance maladie, le financement pour les résultats,  la soutenabilité des programmes liés au VIH/sida, ainsi que la santé maternelle et infantile.

La réunion a été ouverte officiellement par le ministre des finances de la Tanzanie, William Mgimwa, avec, pour principaux orateurs, le Premier ministre tunisien, Hamadi Jebali ; le président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka et la directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé, Dr Margaret Chan.

La conférence est partie de l'hypothèse selon laquelle, l'amélioration de la santé conduit à une plus grande richesse et que l'amélioration du secteur sur le continent pourrait stimuler le développement à long terme, ainsi que la croissance économique.

Le Premier ministre Jebali indiqué que la Tunisie a un intérêt direct avec cette conférence qui traite des soins de santé.

Il a déclaré que la bonne santé est à la fois un facteur important de l’offre et de la demande dans toute économie en développement. Pour le premier ministre, les personnes en bonne santé, vivent plus longtemps et sont plus productives ; et peuvent contribuer au revenu national, à la création d'emplois, et au développement économique et à la croissance.

Certains ministres ont échangé leurs vues sur la façon dont le continent pourrait tirer des leçons des systèmes actuels de financement de la santé, afin de mieux comprendre comment parvenir à un consensus sur la sensibilisation, ainsi que sur le partenariat Sud-Sud.

Dans une interview en marge de la conférence, la ministre de la santé de Côte d’Ivoire, Thérèse Ndri-Yoman, a expliqué que plus d'attention devrait être accordée au secteur des soins de santé, afin de stimuler plus de croissance dans le continent. Selon Mme Ndri-Yoman, en plus d’être une logique économique, un investissement plus important dans les soins de santé aidera les pays africains à tenir leurs engagements vis-à-vis des valeurs fondamentales liées à la protection de la santé humaine et à la vie. "Ces engagements sont le fondement de nos sociétés d'aujourd'hui," a-t-elle observé.

Pour sa part, le ministre tchadien de la santé, Dr Mamouth Nahor N'gawara, a souligné les avantages sociaux et politiques liés à une population en bonne santé. Il a salué le soutien de la Banque africaine de développement au Tchad dans le secteur des soins de santé. "Bien qu'il soit difficile de l’exprimer en termes monétaires, les programmes de santé de la BAD ont eu des impacts significatifs sur l'économie et le bien-être des Tchadiens" a-t-il précisé. Toutefois, il a encouragé la Banque à être plus active dans le secteur.

Contribuant au débat, le ministre des finances de la Gambie, Abdou Kolley, a expliqué que les personnes en bonne santé, constituent une source de richesse. La BAD devrait continuer à jouer son rôle de développement, en contribuant à améliorer la santé en Afrique. Tirant des exemples des cultures africaines, M. Kolley, a déclaré: «La santé est la richesse en termes de bien-être humain et de création de richesse. »

Le ministre Malgache des finances et du budget, Hery martiale Rajaonarimampianina, a, pour sa part, déclaré que la santé des populations a été identifiée comme étant l'un des piliers de la croissance économique. Pour lui, la bonne santé de la population est source d'importantes retombées économiques. Il a ajouté que: «Améliorer la santé des filles et des femmes dans le continent, en particulier, peut contribuer à réduire la pauvreté, vu que les femmes représentent 60 pour cent des personnes les plus démunies du continent."

Cette conférence est organisée par les Dispositifs d'harmonisation pour la santé en Afrique (Harmonization for Health in Africa mechanism, HHA), en collaboration avec l'Union africaine et la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique. Elle mettra l'accent sur l’impérieuse nécessité de tirer le meilleur parti des ressources disponibles pour accélérer les progrès vers les Objectifs du millénaire pour le développement relatifs à la santé, et au-delà.

La conférence devrait aboutir à l'adoption d'un cadre d’engagement et d'action, qui sera utilisé par les gouvernements pour impliquer les parties prenantes dans des programmes concrets pour faire avancer le programme de santé.

Selon la directrice du département du développement humain de la BAD, la conférence stimulera aussi le dialogue et renforcera le leadership et la collaboration entre les ministères des finances et de la santé, ainsi que les autres partenaires nationaux, notamment, les commissions parlementaires, la société civile, les associations professionnelles et les organisations patronales.