Aider les populations pauvres d’Afrique à gérer les risques est essentiel aux progrès de la région, selon un rapport

11/10/2011
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Les pays africains doivent cibler les couches les plus pauvres de leur population, en adoptant des politiques sociales spécifiquement destinées à réduire leur vulnérabilité, selon le rapport régional intitulé Évaluation des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, qui paraît ce jour.

L'édition 2011 de ce rapport annuel démontre que de telles politiques sont susceptibles d'aider le continent à poursuivre sa marche vers l’accomplissement des objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Les OMD sont huit objectifs internationalement convenus pour réduire la pauvreté, la mortalité maternelle et infantile, les maladies, l'inégalité entre les genres et la dégradation de l'environnement d'ici à 2015.

Cependant, les effets cumulés des crises alimentaire, énergétique et financière de ces dernières années, qui ont été aggravés par l'instabilité politique qui secoue l'Afrique du Nord depuis le début de l'année 2011, sont susceptibles d’affecter ces progrès.

Le rapport soutient que les plans nationaux tels que les pensions, les filets de sécurité et les programmes de fourniture de repas scolaires ont la capacité de répondre aux besoins immédiats des personnes les plus vulnérables. Ils peuvent en outre empêcher ces dernières de retomber dans l'extrême pauvreté en renforçant leurs compétences professionnelles.

« Nous recommandons vivement aux décideurs de réviser le calibrage de leurs programmes de protection sociale, de manière à ce que ceux-ci soient perçus non comme des systèmes de distribution d'aumônes ou de subventions mais plutôt comme des mesures servant à consolider les actifs productifs », ont déclaré les auteurs de l’avant-propos du rapport.

Le document fait état d'un certain nombre d'expériences réussies, menées dans différents pays africains en matière de politique sociale. En Algérie, un programme de filet de sécurité sociale a contribué à réduire le chômage de 30 à 10 pourcent entre 2000 et 2009.

En Éthiopie, les projets de travaux publics entrepris entre 2005 et 2008 ont abouti à la construction de 4 500 salles de classe et permis d'améliorer la sécurité alimentaire de 7,8 millions de citoyens.

L’assurance médicale nationale du Ghana, couvrant 67 pourcent de la population, a réduit de 50 pourcent les frais de santé déboursés par les familles. Au Malawi, les subventions et les services de vulgarisation agricole fournis par l'État ont entraîné une forte augmentation du nombre de ménages jouissant de la sécurité alimentaire, représentant une progression de 67 pour cent en 2005 à 99 pour cent en 2009.

Le rapport, conjointement publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (CEA), la Banque africaine de développement (BAD) et la Commission de l'Union africaine (CUA), met en évidence les multiples avantages que peuvent offrir de tels programmes.

Ceux-ci fournissent une protection immédiate aux pauvres tout en concourant à la création d'économies dynamiques et de sociétés plus résilientes à long terme.

Suivi des objectifs du  millénaire pour le développement

Grâce à des interventions audacieuses en matière de politique, l'Afrique a accompli des progrès soutenus au titre d'un grand nombre de cibles.

Par exemple, le taux net de scolarisation à l'échelle du continent a nettement progressé, passant de 65 pour cent en 1999 à 83 pour cent en 2008.

Parmi les 36 pays africains ayant produit des données pour les années 1990 et 2010, plus de 80 pour cent ont connu, dans l'intervalle, une augmentation de la proportion des femmes députés au parlement national. La prévalence du VIH/sida, quant à elle, est tombée à 5,0 pour cent en 2009, alors qu'elle était à 5,9 pour cent en 2001.

Cependant, l'Afrique est confrontée à un redoutable défi sur le plan de la réduction de la mortalité maternelle. Alors que toutes les régions du monde ont marqué des avancées au niveau de cet indicateur, plusieurs pays africains ont enregistré des moyennes de 1 000 décès pour 100 000 naissances vivantes.

En outre, bien que la part de la population ayant accès à l'eau salubre soit passée de 56 pour cent en 1990 à 65 pour cent en 2008, le taux de cette progression n'est pas suffisant pour permettre au continent d'atteindre la cible d'ici à 2015.

Les avancées réalisées au titre de certains OMD ont été brutalement interrompues voire inversées du fait de la crise économique mondiale. C’est le cas de la proportion des africains gagnants moins de 1,25 dollar USD par jour, laquelle était passée de 67 pour cent en 1998 à 58 pour cent en 2008.
Le chômage des jeunes constitue un autre sujet de préoccupation. En effet, plus de 20 pour cent de jeunes en Afrique du Nord étaient sans emploi en 2008, alors que l'emploi précaire touchait, en 2009, 75,8 pour cent de la population active en Afrique subsaharienne.

En plus des garanties sociales bien ciblées et financièrement viables, le rapport indique que davantage d'attention devrait être axée sur la conception de stratégies qui favorisent la croissance riche en emplois et l’augmentation de la productivité agricole.

Pour plus d’information, contacter:

Ethiopie:
CEA: Yinka Adeyemi, Tel: +251-11-5443537
CUA: Noureddine Mezni, Mobile: +251911511723

New York:  UNDP, Nicolas Douillet, +1.212.906.5937