Séminaire de haut niveau N 1 - Crise financière et États fragiles - Effondrement des cadres macroéconomiques

12/05/2009
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Pertes de croissance et d’emplois, faible capacité des institutions chargées de gérer le programme de développement, conséquences d’ordre sécuritaire et l’effondrement des économies, les effets de  la crise financière conduisent beaucoup d’Etats fragiles vers l’effondrement de leur cadre macroéconomique.

C’est un constat. Selon le directeur du Centre des études économiques pour l’Afrique (CSEAE), par ailleurs professeur à l’université d’Oxford, Paul Collier, l’une des conséquences désastreuse de la crise, c’est l’accentuation des violences dans certains pays et l’effondrement des économies. Et malheureusement les réponses apportées par les gouvernements ne sont pas toujours suffisantes. Elles sont même trop faibles pour mettre les indicateurs dans la bonne direction du relèvement des économies.

Paul Collier intervenait avant-hier, en marge des 44èmes Assemblées annuelles de la BAD lors du panel sur « l’analyse de la crise financière et les Etats fragiles ». Il a également attiré l’attention sur les risques de fuite des capitaux qui peuvent être des problèmes majeurs pour les pays en situation de violence. Il conseille ainsi aux Etats fragiles de chercher surtout à mettre en place un cadre budgétaire capable d’entraîner des taux de croissance, d’explorer des créneaux de création d’emplois, et d’autres stratégies capables de booster la croissance.

Dans cette perspective, Paul Collier, estime que l’un des axes les plus viables, c’est la reconstruction qui doit surtout profiter au secteur privé. Notamment, faire en sorte que les PME puissent remporter des marchés. Il à cet égard préconisé une bonne orientation de l’aide au développement qui doit aussi être bien orientée. « Il faut reconnaître les besoins des Etats pour mieux orienter l’aide au développement », estime Paul Collier.  C’est dire donc qu’il y a toute une chaîne de fragilité induite par la crise financière internationale qui, dans pratiquement tous les Etats fragiles, a entraîné aussi la chute drastique des échanges. « La particularité des Etats fragiles réside essentiellement dans de fait qu’avec la détérioration du commerce international, on va  assister à  la détérioration des termes de l’échange et, du coup, du cadre macroéconomique et à la réduction des investissements directs étrangers», a relevé Athanase Matenda Kyelu, ministre des Finances de la République Démocratique du Congo (RDC).

Parlant du cas particulièrement de la RDC, il a surtout déploré les déséquilibres du cadre macroéconomiques, les difficultés à faire face aux dépenses sociales de base, la dépréciation de la monnaie nationale, etc. Si les stratégies de sortie de crise adoptées ne sont souvent pas les mêmes, il n’en demeure pas moins que les conséquences, elles, sont souvent identiques. Au Soudan par exemple, comme l’a souligné son ministre des Finances et de l’Economie Nationale, Lual Deng, la crise financière est à l’origine de la chute du baril qui a crée un déficit budgétaire important. Par contre, son homologue de la Sierra Léone, Samula Kamara, ministre des Finances, de l’Economie et du Développement de la Sierra Leone, déplore la montée du trafic de drogue. Mais de part et d’autres, ont reconnait les efforts de la banque africaine de développement ainsi que d’autres institutions d’appui au développement dans le financement des stratégies de redressement économique.