L’enseignement supérieur, la science et la technologie à la loupe

19/04/2007
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Le Groupe de la Banque africaine de développement a dévoilé la semaine dernière, à Accra au Ghana, sa stratégie sur l’enseignement supérieur, la science et la technologie pour le continent où il a organisé, en collaboration avec l’Association des Universités africaines, un atelier sur l’enseignement supérieur, la science et la technologie (AAU).

L’événement de deux jours, qui a rassemblé quelques 60 participants venant des quatre coins du continent, a permis d’informer les participants du nouvel intérêt du Groupe de la Banque au renforcement de l’enseignement supérieur, de la science et de la technologie en Afrique. Il a également permis à la Banque de solliciter des points de vue d’experts et de parties prenantes dans le secteur ainsi que d’identifier et de discuter des synergies et des complémentarités avec des donateurs multilatéraux et bilatéraux.

S’adressant aux participants lors de l’atelier, la vice-présidente du Groupe de la Banque, Mme Zeinab El-Bakri, a déclaré que la Banque est convaincue que l’enseignement supérieur joue un rôle fondamental dans la tâche de l’édification d’une nation en étant un lieu important pour la diffusion des valeurs démocratiques, la protection des droits de la personne, la promotion de la bonne gouvernance et de la primauté du droit, permettant ainsi à la société de mieux comprendre son histoire, sa culture et ses institutions. Elle a souligné qu’une base solide de science et de technologie constitue une condition sine qua non pour une croissance économique continue. Elle a fait remarquer qu’il existe des preuves que les investissements en matière d’enseignement supérieur, de science et de technologie disposent d’un impact considérable sur la croissance économique et la réduction de la pauvreté. 

Mme El-Bakri a lancé un appel vibrant aux pays africains à « faire un inventaire de toutes les compétences techniques et scientifiques que les différents niveaux d’enseignement devraient encourager et produire », ajoutant qu’il est nécessaire de faire remarquer que la Banque sera toujours consciente du fait qu’une éducation de base qualitative pertinente constituera une base solide pour l’enseignement supérieur.

Le ministre ghanéen de la science et de l’éducation, Papa Owusu-Ankomah, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, a pour sa part, déclaré que le continent doit utiliser ses ressources naturelles abondantes pour développer une base pour son capital humain afin d’être à l’avant garde de la recherche scientifique et technologique pour sa croissance économique. Il a, par ailleurs, ajouté que les universités et les institutions doivent être soutenues pour leur permettre d’accomplir leur mission de développement des ressources humaines sur le continent.

« L’élaboration des politiques et d’un programme de  science  et de technologie détaillée et, en collaboration avec les pays africains avec l’appui du secteur privé et des partenaires au développement, est la voie à suivre », a-t-il déclaré.

Selon le ministre mozambicain de la science et de la technologie, M. Venancio Massinge, le continent doit améliorer les conditions de travail des scientifiques africains pour leur permettre de rester dans leurs pays respectifs et d’y apporter des contributions au développement de la science et de la technologie. « Si les politiques appropriées pouvaient être élaborées, on trouverait la solution au problème de  fuite des cerveaux », a-t-il souligné.

M. Massinge a émis le regret que le continent contribue énormément à la formation de scientifiques  qui malheureusement quittent le continent pour les pays développés. Selon lui, cela ne représente pas quelque chose de bon pour le continent. Il a également loué les pays africains qui consacrent une partie de leur produit intérieur brut et de leur budget à l’éducation de la science et de la technologie.

L’enseignement supérieur en Afrique a, au cours des dernières décennies, connu des problèmes à cause de la fuite des cerveaux et des restrictions budgétaires. Pour permettre à l’enseignement supérieur, la science et la technologie de s’épanouir sur le continent, il est nécessaire d’établir des partenariats. L’atelier sert donc d’opportunité pour l’établissement de partenariats entre la Banque et les institutions régionales de développement telles que l’Union africaine, le NEPAD, les communautés économiques régionales, la CEA, ainsi qu’avec d’autres partenaires clés notamment la Banque mondiale, l’UNESCO, FAO, AFD, CIDA, DFID et JICA.


Contact

Joachim Arrey Téléphone: +216 7110-2759