Réserves de changes excédentaires vs financement des infrastructures : que doit faire l’Afrique ?

26/09/2013
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Le besoin en infrastructures de l’Afrique exige d’engager une réflexion innovante sur les mécanismes de financement. Actuellement, un vif débat porte sur l’utilisation des réserves de change pour financer ces infrastructures. Les réserves en devises ont été analysées selon différents angles : en tant qu’outils de politique monétaire, de gestion de la dette et /ou comme des actifs nationaux de développement économique.

Cet article traite des questions suivantes : quels sont les objectifs de la gestion des réserves de change ? Quels sont les niveaux de réserves de change dans les pays africains ? Ces réserves sont-elles suffisantes ? Quels sont les mécanismes novateurs qui en améliorent la gestion ? Combien peut-on investir dans le financement des infrastructures en Afrique ?

L’étude a procédé à : ( i) la collecte des données sur les réserves de change et les ratios à partir des bases du FMI, de la Banque mondiale et de la BAD ; (ii) l’estimation du niveau des réserves de change de ces pays, en se basant sur deux techniques communément utilisées — la métrique traditionnelle de couverture des importations (3 mois) et la méthode Wijnholds et Kapteyn (WK) ; (iii) l’estimation, ensuite, des réserves de change excédentaires et du coût social de la détention des excédents, comparés à d’autres opportunités d'investissement, telles que les infrastructures en Afrique .

Sur la base de ces estimations, l'étude a montré que : (i) les pays africains ont conservé des réserves de change excédentaires de l'ordre de 165,5 à 193,6 milliards de dollars EU en moyenne par an entre 2000 et 2011. C’est largement plus que le déficit de financement des infrastructures du continent, estimé quant à lui à 93 milliards de dollars EU par an ; et ( ii ) comparé aux investissements alternatifs dans les infrastructures nationales, détenir des réserves excédentaires implique également un coût social moyen de 1,65 % du PIB maximum par an. Ces résultats font écho à la position de Stiglitz (2006), qui a estimé que le coût social total lié à la détention de réserves excédentaires s’élève à 300 milliards de dollars EU environ par an dans les pays en développement, ce qui correspond approximativement au volume des ressources dont ils ont besoin pour financer des investissements de base afin de répondre aux Objectifs du millénaire du développement (OMD.

Ces analyses indiquent qu'il est possible d'utiliser ces réserves excédentaires à travers des véhicules d'investissement novateurs, pour  compléter d’autres sources de financement tout en mettant l'accent sur les projets d'infrastructure économique ayant un impact régional.