Les entreprises individuelles sont essentielles à la croissance inclusive

02/11/2012
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Les économistes qui se penchent sur le rôle des entreprises familiales dans la croissance économique conseillent aux gouvernements de ne plus ignorer ce secteur et de l’intégrer dans leurs stratégies de développement. C’est ce qui ressort de discussions de la Conférence économique africaine, à Kigali au Rwanda.

Les gouvernements devraient plutôt s’efforcer de mieux comprendre comment ces entreprises sont organisées, comment elles fonctionnent et quel est le type de soutien dont elles ont besoin pour participer plus efficacement à la croissance des pays respectifs où elles opèrent ?

En effet, ces entreprises ne sont pas vouées à disparaître bientôt. Elles constituent une source viable d’emploi pour les personnes sans éducation secondaire, qui représentent la majorité des personnes qui arriveront sur le marché du travail en Afrique subsaharienne au cours des dix prochaines années.

« Les gouvernements doivent appuyer le développement du secteur des entreprises familiales et encourager la croissance de ces entreprises et leur stabilité, » a déclaré Louise Fox, économiste en chef pour la région Afrique auprès de la Banque mondiale, lors de la 7ème édition de la Conférence économique africaine qui se déroule dans la capitale rwandaise de Kigali.

Louise Fox et Thomas Pave Sohnesen ont collaboré à la rédaction d’un document qui tente d'expliquer pourquoi les entreprises familiales de l’Afrique subsaharienne sont importantes pour la croissance, les emplois et les moyens de subsistance. Ce document analyse , en effet ,ces entreprises en tant que sources d’emploi, de même que leur potentiel commercial et leur impact sur les moyens de subsistance des populations.  

Leurs travaux de recherches font valoir que ces entreprises familiales ont un rôle à jouer dans la croissance économique et qu’il faudrait, dans la mesure du possible, élaborer des stratégies de développement appropriées qui seraient essentielles pour permettre aux marchés de profiter aux ménages à faibles revenus qui s’efforcent de sortir de la pauvreté de façon durable.

« Même dans les pays qui enregistrent une croissance à double chiffre dans les secteurs autres que ceux de l’agriculture et des mines, ce sont bien les entreprises familiales qui ont été la source de la plus grande partie de la croissance de l'emploi non agricole, et cette tendance devrait se poursuivre sur plusieurs décennies du fait des prévisions de forte croissance de la main d'œuvre, des faibles niveaux d'éducation et des difficultés à générer de l'emploi assez vite dans les grandes entreprises modernes » remarquent Fox et Sohnesen dans leurs travaux de recherche.

D’après leurs conclusions, près de la moitié des ménages en Afrique subsaharienne travaille dans l’ensemble dans des entreprises non agricoles. Ce pourcentage, ajoutent-ils, est en augmentation, et donc « tout investissement qui entraîne une augmentation du nombre de ménages dirigeant une entreprise familiale viable ou tout salaire plus élevé, ne serait-ce que pour la moitié de ces entreprises familiales, aura un impact substantiel sur le PIB et la pauvreté ».

Actuellement, les entreprises familiales sont entravées par leur emplacement, généralement dans des zones rurales ou semi-rurales ; par leur nature saisonnière, car elle ne fonctionnent la plupart du temps que la moitié de l’année ; par leur caractère d’exclusion, qui affecte principalement les femmes ; par leur incapacité à créer de l’emploi pour les jeunes, vu que ces derniers manquent souvent du nécessaire pour monter une entreprise ; et par l’impossibilité d’accéder facilement à du capital.

Fox et Sohnesen affirment que « contrairement à la croyance populaire, la majorité des propriétaires d'entreprises familiales est enregistrée, agréée ou connue d'autre manière des autorités locales. Nombre d’entre elles affirment payer des impôts ou des droits de licence à ces gouvernements locaux et souvent les commerçants versent une cotisation pour disposer d’un emplacement sur un marché public ».