Le capital humain au service du développement de l’Afrique

31/05/2013
Share |

Le fort accroissement de la population en Afrique constitue un atout pour le continent à condition que les gouvernements mènent des politiques efficaces de formation et d’éducation et que la croissance se transforme en création d’emplois décents.

C’est la conclusion d’une réunion qui s’est tenue, le 28 mai 2013 à Marrakech dans le cadre des Assemblées Annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD), sur le thème « Dividende démographique ou bombe à retardement ? ».

« Très souvent, on demande aux gouvernements d’assurer l’emploi aux jeunes, alors que le secteur privé doit aussi assumer sa responsabilité dans ce cadre », a estimé Maria Kiwanuka, ministre des Finances d’Ouganda, lors du séminaire.

Selon elle, la coopération entre gouvernements et secteur privé est une nécessité aujourd’hui. Le secteur privé doit développer une culture de prise de risque et procéder à la création d’entreprises diversifiées créatrices d’emplois, tandis que les gouvernements doivent créer les conditions du développement du le capital humain, notamment par l’amélioration des cadres fiscaux et législatifs.

 La ministre ougandaise a illustré son propos en citant un projet de loi qui doit prochainement être présenté au Parlement à Kampala visant à permettre la mise en place d’une facilitation de crédit pour l’achat de terres ou la création d’entreprises afin de développer l’initiative privée et d’amener les individus à créer leurs propres entreprises.

D’autres intervenants ont salué cette initiative soulignant que dans le contexte actuel, la plupart des pays africains sont confrontés au défi d’absorber un nombre sans cesse croissant de jeunes primo-arrivants sur le marché du travail. On estime entre 10 et 12 millions par an le nombre de jeunes qui doivent être absorbés par le marché du travail en Afrique.

« Les jeunes doivent bénéficier d’une formation spécialisée et être employés de manière productive », a déclaré le Vice-président de la Banque Mondiale, Célestin Monga, estimant qu’il s’agit d’une condition indispensable pour que cette forte croissance de la population active constitue un atout qui participera à l’augmentation de la croissance du continent.

L’ajustement de l’offre d’éducation au marché de l’emploi est aujourd’hui une nécessité, si l’on veut faire de cette frange de la population, une jeunesse créative et performante, à l’image de celle de certains pays d’Asie.

Un avis partagé par Bineta Diop, présidente de l’ONG Femmes Africa Solidarité, qui estime que « les pays africains ont besoin de politiques judicieuses, afin d'offrir aux jeunes des possibilités d’emploi et par là, permettre aux pays de tirer profit des opportunités de développement qui se présentent aux continent africain. »