Le capital humain est crucial pour la transformation structurelle de l'Afrique

27/10/2011
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Les gouvernements africains doivent accroître les investissements dans l'éducation pour développer les ressources humaines compétentes qui contribueront à une transformation structurelle durable de leurs économies. Telle est l’observation des experts de la Conférence économique africaine qui se poursuivait le mercredi à Addis-Abeba.

« Dans un environnement mondial marqué par la compétition, les gouvernements doivent changer d'orientation et aller au-delà de l'enseignement primaire pour développer les compétences humaines », selon Harry Sackey, de l’Université de Vancouver, au Canada.

Présentant une communication sur le « Développement du capital humain en Afrique: agents, facteurs et incidences sur la croissance et la transformation structurelle », M. Sackey a déclaré qu'il y a une corrélation étroite entre l'éducation et les autres indicateurs de développement humain.
Il a aussi expliqué comment l'amélioration de l'accès à l'éducation a un impact positif direct sur l'amélioration des indicateurs de développement humain, en particulier l'espérance de vie, le revenu par habitant et la réduction de la mortalité infantile.

«Développer le capital humain est un élément essentiel de la croissance, car les avantages associés sont liés aux modifications de la structure de l'emploi (amélioration de l'employabilité de la population active)», a-t-il ajouté.

Le capital humain est en lien direct avec la croissance, et facilite le passage de la dépendance vis-à-vis des emplois du secteur agricole vers des emplois du secteur non agricole, a-t-il fait valoir, appelant les gouvernements africains à mettre en place des politiques durables en faveur de l'éducation et de la formation.

Bien que l'Afrique subsaharienne soit en retard sur toutes les autres régions en matière d'accès à l'éducation, M. Sackey a noté que le taux d’inscription connaît une tendance à la hausse, principalement dans des pays comme la Zambie, le Kenya et le Ghana.

«Pour ce qui concerne les ménages, les principaux moteurs de la scolarisation sont les revenus du ménage, le niveau d'éducation des parents, l'infrastructure  scolaire et la qualité des écoles, ainsi que les caractéristiques individuelles comme l'âge et l'état de santé », a fait observer M. Sackey.
Selon l'équipe d'experts encadrant la session présidée par Samuel Bwalya, conseiller économique du Bureau du PNUD au Mali, l’augmentation des dépenses publiques d’éducation sur le continent est vitale, si l’on veut améliorer les indicateurs de développement humain en Afrique et relever les défis fondamentaux de développement à long terme.

«Les inégalités de la répartition du savoir peuvent aussi avoir un impact sur l'économie. Il est également important de prêter attention au système d'éducation, aux taux d'élèves qui parviennent en fin de cycles, et  à l'accès au crédit (qui limite l'accès à l'éducation) », a déclaré Olivier Manlan, conseiller économique du Bureau national du PNUD au Bénin.

Dans un exposé sur les « Dépenses publiques d’éducation et pauvreté au Burkina Faso: une approche du modèle informatisé d’équilibre général », Lacina Balma, a fait remarquer qu’une augmentation générale de 40 pour cent des dépenses d’éducation primaire, financées sur une augmentation des impôts sur les revenus des ménages et les ventes, n’entraîne pas seulement une augmentation du bien-être, mais aussi une baisse de l'incidence de la pauvreté pour les ménages.
Pour les experts, les handicaps structurels de l'Afrique, y compris le faible niveau de développement du capital humain, empêchent le continent d'atteindre les objectifs de développement convenus au niveau international et de réduction de la pauvreté.

Selon Eugénie Maiga, économiste au Centre africain pour la transformation économique, il y a un lien étroit entre la santé des enfants et le niveau d’éducation de la mère, car une femme instruite est plus susceptible de prévenir la malnutrition infantile.

L’augmentation des revenus des ménages a aussi une influence positive sur la santé des enfants, a noté Mme Maïga dans son exposé sur «L’impact de l’éducation de la mère sur la santé et la nutrition infantiles dans les pays en développement: leçons tirées d’une expérience naturelle au Burkina Faso». Elle a recommandé que les filles restent à l'école le plus longtemps que possible.

La sixième Conférence économique africaine, sur le thème de «L'économie verte et la transformation structurelle », est organisée par la Banque africaine de développement, la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique et le Programme des Nations Unies pour le développement.